La liberté, rien que la liberté

La liberté, rien que la liberté

vendredi 30 octobre 2009

Insécurité au Cameroun



Le corps de Mbanga Ze Gertrude retrouvé non loin du terminus de la gare- voyageurs de Ngaoundéré


Les habitants du quartier du « Rail » à Ngaoundéré se sont réveillés mercredi dernier en découvrant l’horreur sur la principale route qui conduit à cette zone à la périphérie de la ville. C’est aux premières heures de la journée que les passants ont retrouvé le corps inerte de Mbanga Ze Gertrude, très connue dans le coin sous le nom de Fatou. Visiblement, la jeune fille a souffert avant de rendre l’âme. Selon des témoignages concordants, elle aurait été violée, avant d’être ligotée et étranglée par ses bourreaux. C’est avec son propre pagne que les bandits l’ont ligotée et étouffée. Selon toute vraisemblance, elle aurait opposé une résistance farouche à ses adversaires qui lui ont cassé le cou et le bras droit avant de prendre la clé des champs. Les traces de sang au niveau des organes génitaux matérialisent à n’en point douter l’acte de viol confirmé par des sources médicales. Ce drame s’est produit dans la nuit du 27 octobre, aux environs de 21 heures.
Aussitôt alertées au petit matin du 28 octobre, les autorités administratives ont dépêché sur les lieux du drame des éléments de la police judiciaire, pour ouvrir une enquête et faire la lumière sur cet acte odieux. Selon les premières supputations, il s’agirait d’un règlement de comptes alors que des sources contradictoires évoquent une forme de pratique maléfique qui demanderait aux adeptes de violer les filles avant de les tuer. Dans les chaumières, les commentaires vont dans tous les sens. Selon des indiscrétions glanées dans la maison familiale, le petit ami de la défunte a été également convoqué par la police pour être entendu.
Cette disparition tragique plonge la famille Ze dans le désarroi. Lors de notre passage dans la mi-journée du 28 octobre, Mama Georgette, la mère de Fatou, est inconsolable. La pauvre dame ne sait plus à quel saint se vouer. Elle se tord de douleur, malgré la présence de ses voisines et de ses sœurs qui tentent, en vain, de la consoler. « Ma fille chérie est partie, sans me dire au revoir ! Qu’est-ce que j’ai fait ? Pourquoi les bandits l’ont tuée… ?
La victime, inscrite dans un cours du soir, était employée dans un salon de coiffure au lieu dit « Bar Bonandjo ». Ses collègues témoignent qu’elle était une femme sans histoire qui aimait toujours faire la paix avec tout le monde. Fatou laisse deux orphelins : Georges deux ans et un bébé de dix mois.
Cameroon Tribune

Cameroun : Disparition mystérieuse de la fille d'Ernest OUANDIE


La fille d’Ernest Ouandié a disparu


24 heures après sa disparition, les habitants de la ville de Foumbot au Cameroun ressentent toujours le choc psychologique. Partie très tôt de la maison mardi dernier, Ernestine Ouandié la fille du vice-président de l’Union des populations du Cameroun, fusillé à mort le 15 janvier 1971 à Bafoussam pour son combat contre le colonialisme et le néocolonialisme n'a plus fait signe de vie. L'information est parvenue ce jour à la rédaction de Camer.be. Selon des recoupements concordants, Ernestine Ouandié aurait pris le volant de sa voiture de marque Toyota Corolla, en direction des alentours du fleuve Noun.
Ses proches auraient retrouvés son vehicule non loin de l'ancien pont sur le Noun qui relie Bafoussam à Foumban.
Se serait-elle jeté dans le fleuve pour mettre fin à ses jours, ou alors l'aurait-on assassiné comme l'épouse du président de l'Upc, Félix Moumié, il y a quelques mois s'interroge une source.
Ernestine Ouandié la quarantaine entamée, a regagné le Cameroun en 1990 et travaillait comme chef du bureau des reportages pour le compte du Ministère de la communication à Bafoussam. Elle était l'épouse du Dr Jacques Djoko Tamnou, pharmacien biologiste à Foumbot.
En attendant d’être fixé sur le sort de Ernestine Ouandié, la brigade de gendarmerie de Foumbot a ouvert une enquête
© Camer.be

mercredi 28 octobre 2009

Cameroun : Le mépris des étudiants de DEA à l'université de Douala


Les étudiants de DEA Droit privé fondamental privés de cours depuis 4 mois


Le chef du département de droit privé n’a toujours pas programme les unités de valeur optionnelles.
Les étudiants de DEA de droit privé fondamental à l’université de Douala sont privés de cours depuis le mois de juin 2009. Ils réclament également les résultats de la composition de tronc commun datant du même mois. Depuis le début des cours en mars 2009, le doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques, le Pr. Modikoko, avait promis que les soutenances des mémoires des étudiants de DEA de sa faculté s’achèveraient au mois de Novembre 2009. Les cours avaient débuté au même moment pour les étudiants de DEA, option droit des affaires, et ceux de DEA, option droit privé fondamental.

Après les évaluations dans les matières de tronc commun en juin dernier, les étudiants de droit des affaires ont continué les cours, contrairement à leurs camarades de droit privé qui, jusqu’à ce jour, attendent les résultats des examens sus évoqués et la suite des cours. Les cinq autres unités d’enseignement, dans lesquelles on retrouve deux unités de valeur dispensées par le chef de département, nicole Claire Ndoko, prévues pour la suite de l’année académique, n’ont pas été dispensées ni programmées jusqu'au 26 octobre dernier.

Un étudiant de droit privé fondamental (DEA) déclare que depuis quatre mois, ses camarades et lui ne savent pas qui sont leurs enseignants. «Nous sommes habités par la peur de perdre une année », affirme-t-il. Les étudiants déclarent qu’ils sont allés à plusieurs reprises rencontrer le chef de département, Nicole Claire Ndoko. Leur démarche est restée vaine. Le Jour a essayé en vain de joindre Nicole Claire Ndoko dont le téléphone ne répondait pas jusqu’à lundi soir. Le Pr. Jean Gatsi, enseignant de droit, fustige la situation d’injustice que vivent les étudiants, car les dossiers de recrutement en DEA ne seront pas étudiés tant que la situation des étudiants de cette année-ci ne sera pas débloquée.
Le Jour - Jodelle Kayo

dimanche 25 octobre 2009

La pensée patriotique au Cameroun


L’urgence de la pensée patriotique au Cameroun


Où a-t-on jamais vu une société évoluer sans pensée progressiste, novatrice, futuriste, sans pensée prospective ? Telle est la question cruciale qui se pose, aujourd’hui, au Cameroun. Il n’y existe plus de pensée. Ou plutôt, oui. Il en existe bien une, qui constitue, tout simplement, l’idéologie camerounaise. Celle-ci s’est constituée à force de discours et de slogans présidentiels, du bon sens populaire tributaire des croyances ancestrales, et de l’héritage idéologique colonial.
Elle est actuellement dominée par l’idée d’un Cameroun gros éléphant mort à dépecer, en faisant fi de l’intérêt général. L’idéologie camerounaise est à ce jour caractérisée par un désir effréné d’enrichissement aussi rapide que spectaculaire, au détriment du bien public. Toutefois, il n’en a pas toujours été ainsi.

La pensée patriotique avant 1939
Il importe d’opérer une distinction fondamentale entre la période du protectorat allemand, du 12 juillet 1884 au 4 mars 1916, et de l’invasion suivi de l’installation des administrations française et britannique, du 4 mars 1916 au 1er janvier 1960 et au 1er octobre 1961. Il est ainsi possible de résumer la pensée, au Cameroun, entre 1884 et 1916, par la révolte face à la brutalité allemande, et à partir de 1916, de la révolte face à la division de la patrie kamerunaise par les franco-britanniques. Autrement dit, la naissance de la question de la reconstitution de notre patrie, par les Kamerunais, qui se traduira par l’idéologie de la réunification.
Fait de la plus haute importance à souligner, à partir de 1916, le désir de recouvrer notre totale liberté est allé croissant, d’une part par le fait que les rois Duala estimaient que la présence franco-britannique était injustifiée, le protectorat allemand ayant été convenu pour une période de 30 ans à l’issue de laquelle notre peuple serait totalement maître de son destin, échéance qui survenait en 1916, d’autre part, par le fait que les Kamerunais s’étaient mis à adresser des mémorandums aux délégués réunis à Versailles, en France, pour la conférence de la paix, à partir de 1918. Malgré leurs protestations, le Kamerun, d’une part changera d’orthographe, devenant Cameroun, pour les Français, et Cameroons, pour les Britanniques, d’autre part, il sera placé sous mandat de la Société des Nations, le 20 juillet 1922, la SDN.
Quoi qu’il en soit, de 1922 au déclenchement de la seconde guerre mondiale, l’idéologie camerounaise sera dominée par cette révolte intériorisée, et, en même temps, une grande admiration doublée d’une grande crainte envers l’homme blanc.

La pensée patriotique après 1944
1944 aura constitué, pour le Cameroun, un tournant majeur dans l’histoire de son évolution mentale. Pourquoi ? Parce que c’est cette année-là, plus précisément au mois d’août, que les Camerounais ont acquis le droit syndical, à la faveur d’un décret de René Pléven, Commissaire aux colonies de Charles de Gaulle. Ils auront, à partir de ce moment là, connu une révolution mentale phénoménale qui s’est traduite par un accroissement de l’audace face aux Blancs, les colons et les administrateurs des colonies qui les asservissaient.
La peur que ceux-ci leur avaient savamment inculquée, s’était estompée. Cela a été d’autant plus accentué que les anciens combattants camerounais démobilisés sont venus les encourager à affronter l’homme blanc ainsi qu’ils venaient, eux-mêmes, de le faire tout au long de la guerre, dans le désert, en Afrique du nord. Ils sont venus accentuer la fin de la peur de l’homme blanc, de l’idolâtrie de celui-ci, de son assimilation à Dieu le Père, créateur du ciel et de la terre.
La pensée, au Cameroun, a ainsi connu une importante révolution, et a été imprégnée, plus qu’avant, de l’idée de la possibilité, pour la population, de recouvrer sa liberté d’antan perdue du fait de l’invasion coloniale. Cette révolution a débouché, tout naturellement, sur la revendication de l’indépendance, et le départ des Blancs.

La pensée patriotique après 1960 et 1961
1960 et 1961, naturellement, auront constitué un tournant particulièrement important dans la pensée camerounaise, tout court. L’indépendance et la réunification sont apparues comme l’aboutissement d’une longue lutte et d’une longue espérance de la part de la population. Mais, en même temps, une large frange de Camerounais, s’était retrouvée extrêmement frustrée par les conditions de l’accession du pays à la souveraineté internationale. Un personnage choisi, promu et protégé par le gouvernement français était devenu président de la République.
Nul ne l’avait, auparavant, vu lutter pour cette indépendance dont il héritait de la gestion. Bien mieux, il a entrepris de rétablir la terreur qui prévalait à l’époque coloniale avant la « libéralisation » de 1944. Enfin, pendant toute la durée de son règne de 24 ans, 1958-1982, il a œuvré à tuer l’esprit nationaliste qui avait caractérisé les Camerounais de 1944 à 1960-1961, et qui avait fait que notre pays devienne le troisième, de toute l’Afrique noire, à obtenir l’indépendance. Le premier ayant été le Ghana, le 6 mars 1957, le second ayant été la Guinée, le 28 septembre 1958, et le troisième ayant été le Cameroun, le 1er janvier 1960. A la place, il aura inoculé aux Camerounais l’idéologie de « l’équilibre ethnique », véritable poison qui fait de chaque concitoyen, l’ennemi de l’autre.
En effet, cette idéologie, communiquée à Ahmadou Ahidjo par Jean Ramadier dans le discours de son investiture le 18 février 1958 devant l’Assemblée législative du Cameroun, ALCAM, qu’il avait rédigé pour lui, énoncait, pour la première fois, le thème de « l’unité nationale », comme cause du retard et du sous-développement du pays, pour combattre celui des brimades, de la servitude et de l’exploitation coloniales plutôt, comme cause de ce sous-développement, et qui était celui des patriotes camerounais. Comme conséquence de ce discours sur « l’unité nationale », les Camerounais se sont pénétrés de la pensée funeste selon laquelle, nul groupe ethnique ne devait prendre le dessus sur un autre, il fallait, en conséquence, tout « équilibrer », abolissant ainsi, naturellement, le règne de la compétence, de la performance et de l’émulation au sein des citoyens dans le pays.
C’était la fin de la vision du pays comme une nation, pour celle du pays, dans le meilleur des cas, comme une assemblée générale de groupes ethniques permanemment sur le pied de guerre. Naturellement, cette idéologie niait royalement les mélanges ethniques en cour, les mariages mixtes, etc. Elle niait, tout bonnement, le brassage des populations qui s’accentuait au fur et à mesure que se développaient les moyens de communication, l’instruction, etc. C’est une idéologie statique, conservatrice, et, tout simplement rétrograde, qui a pris le dessus de 1958 à 1982.

La pensée patriotique depuis 1982
Au départ d’Ahmadou Ahidjo du pouvoir le 6 novembre 1982, Paul Biya est venu, pour sa part, introduire l’idéologie de « l’intégration nationale », en prolongement à celle de « l’unité nationale ». La pensée patriotique, il va sans dire, était totalement reléguée aux calandres grecques. Il a, par ailleurs, entrepris, sans succès, (d’autres diront de manière démagogique) d’introduire l’idéologie de la « rigueur dans la gestion et de la moralisation des comportements ». Quoi qu’il en soit, les conséquences de cette idéologie funeste de « l’unité nationale et de l’intégration nationale » n’ont pas tardé à ce faire jour, dès le début des années 1980.
D’une part, il s’est produit une tentative de coup d’Etat, au mois de février 1982, au fort relent régionaliste, d’autre part, les Camerounais ont, plutôt, assisté au triomphe de « l’idéologie de la bouffe », par tous les moyens et en tous lieux, au détriment de la fortune publique. Ils ont assisté et encouragé l’idéologie de « l’ineptie » de l’intérêt général. Et ce qui ne pouvait manquer d’arriver, est effectivement arrivé. Le Cameroun a été classé, deux années consécutives, champion du monde de la corruption.

Que faire à ce jour ?
Réponse toute évidente : revenir à la pensée nationale et patriotique au Cameroun. Par comment ? Ainsi que cela se produit dans la quasi-totalité des pays du monde et tout au long de l’histoire de l’humanité, cette tâche, devenue véritablement immense, au regard de l’ampleur des dégâts, incombe avant tout aux intellectuels camerounais. Il leur revient de penser le Cameroun de demain.
Pour cela, il faudrait tout d’abord décrire, profondément, le Cameroun d’aujourd’hui, l’analyser véritablement, et, enfin, jeter les bases de celui de demain. C’est ce que des intellectuels des autres pays du monde on entrepris de faire. Nul ne sait, au Cameroun, à ce jour, qui était James Madison et Hamilton, eux USA. Et pourtant, ce sont des intellectuels américains qui, au 18ème siècle, ont pensé l’Amérique d’aujourd’hui. De même, les Camerounais citent, à tort et à travers Machiavel, sans se préoccuper, ni du rôle que ce personnage a joué pour son pays, ni des raisons pour lesquelles il a rédigé son célèbre ouvrage, Le Prince.
Il avait vécu de 1494 à 1527, à l’époque où l’Italie, son pays, était en lutte pour son unité, car il était constitué d’une pléiade de royautés et de principautés qu’il fallait transformer en un seul Etat. Cette réalité du philosophe, les Camerounais ne se préoccupent guère de la connaître, et en font, simplement, le théoricien du cynisme en politique. Ils ont tort. C’est le lieu, ici, de leur dire, plutôt, qu’ils gagneraient à devenir, à leur tour, des Machiavels locaux, c’est-à-dire, des penseurs de leur pays de demain.
© Pauline BIYONG

Cameroun : Paul BIYA ou le danger permanent


Le gouvernement de la terreur au Cameroun


Les camerounais connaissent d’énormes difficultés sous le régime dictatorial de Paul BIYA. Pourtant, les rues camerounaises ne connaissent que peu de manifestations même pacifiques, et pour cause : le régime en place a mis sur pied un système de terreur hors du commun qui empêche toute velléité.
La terreur du gouvernement de Paul BIYA s’exprime notamment dans les actes réglementaires pris par son administration en vue d’interdire toute manifestation publique autre que celle organisée par le RDPC. Pour le gouvernement camerounais, il ne faut pas dénoncer le pouvoir en place ; cela revient à dire que les interdictions de manifestations ne sont que des prétextes pour que personne ne dénonce les dérives du régime. C’est ce qui entraîne des frustrations chez la population, entraînant parfois une explosion. Souvenons nous de février 2008, où les frustrations se sont intensifiées à la suite des actes administratifs pris pour limiter la liberté d’expression : L’un par le gouverneur du Littoral, Fai Yengo Francis. Ce dernier, en interdisant jusqu'à nouvel avis les manifestations publiques sur son territoire de commandement, prenait ainsi l’acte le plus élevé qu’un gouverneur puisse prendre, dans le seul dessein d’étouffer dans l’œuf toute velléité de contestation d’une éventuelle modification de la Constitution ; L’autre par les responsables administratifs du Nord-Ouest interdisant une marche et un appel à la “ ville morte ” lancée par une coalition dite “ des vrais mouvements d’opposition ” qui entendait ainsi protester contre la vie chère.
La terreur du gouvernement de Paul BIYA s’exprime également dans l’utilisation abusive faite des forces de sécurité pour imposer le respect des interdictions diverses. Régulièrement, lorsqu’il fait face à une crise même mineure, le régime camerounais mobilise toutes les forces de sécurité. C’est ainsi qu’il déploie dans les artères des villes, au même moment, les forces de police, de gendarmerie et même les militaires. C’est une façon bien ridicule d’utiliser le marteau pour tuer une mouche.
La terreur du gouvernement de Paul BIYA s’exprime encore dans la responsabilité des forces de l’ordre. Généralement, ces dernières semblent minimiser ou ne mesurent pas assez le degré de la responsabilité qui leur incombe dans la gestion de conflits. Les interpellations arbitraires et provocations inutiles sont souvent à l’origine des violents accrochages entre elles et les populations. Le plus souvent, ayant reçu des ordres de la haute hiérarchie, et ne rencontrant pas l’adversaire politique sur place, les forces de l’ordre camerounaises s’attaquent à la population qui vaque à ses occupations. On a parfois vu pulvériser du gaz lacrymogène sur des passants, dans les commerces, et même les domiciles privés.
Paul BIYA et son régime continuent à penser que la force brutale et la répression aveugle sont les seuls arguments à opposer à ceux qui, aux mains nues, veulent s’exprimer sur certaines questions de la vie nationale. Lors des émeutes de février 2008, au lieu de comprendre, d’écouter et de proposer une alternative à son peuple, Paul BIYA a estimé que des «apprentis sorciers» tentent de renverser son régime ; que son régime serait victime d’une «instrumentalisation» de la grève des transporteurs visant à le renverser.
Son régime, oui. C’est toute sa raison d’être et de vivre, rien d’autre ; c’est tout ce qui importe pour lui. Paul BIYA ne pense jamais à son peuple, il vit d’ailleurs comme un étranger dans son pays. Derrière lui, une foule de partisans, tous illuminés, empêche le peuple de s’épanouir à travers des détournements massifs de deniers publics.
Le peuple avait faim en février 2008 et l’a manifesté dans la rue. Le régime de Paul BIYA en a massacré des centaines. Le bilan dressé par l’observatoire national de défense des droits de l’homme a fait état de 136 morts, alors que l’opposition SDF parlait de 200 morts. Des morts pour la liberté du Cameroun, des morts pour les droits de l’homme et la démocratie. Mais surtout des morts pour rien car au bout du compte, Paul BIYA, accusé d’être à l’origine des nombreux maux qui minent le pays et rendent la vie si dure, a sur la tête de ces morts, modifié la Constitution afin de s’éterniser au pouvoir. La honte ne saurait tuer cet homme d’un cynisme avancé, le ridicule non plus.
Il faut d’ailleurs relever qu’à ce jour, aucune enquête n'a été constituée afin de rechercher la vérité et d'établir les responsabilités sur les journées de violences qui ont ensanglanté le Cameroun en 2008 ; aucun élément des forces de sécurité n'a fait l'objet de sanctions ni de poursuites judiciaires. Par ailleurs, de nombreuses personnes interpellées dans le cadre de ces manifestations restent toujours en prison, à l’exemple de l'artiste musicien et militant du Social Democratic Front (SDF) Lapiro de Manga et Paul Eric Kingué ancien maire RDPC de Njombé-Penja dont le séjour en prison ressemble plus à un règlement de comptes politique.
D’ailleurs, depuis les émeutes de 2008, rien n’a changé au Cameroun. Le peuple a toujours faim, le prix des produis de consommation va croissant, une flambée des prix faisant rage dans l’ensemble des marchés du pays. Pendant ce temps, le Président BIYA dépense des milliards dans des hôtels à l’étranger ; il continue de s’offrir le luxe à la Baule en France, à Genève en Suisse, etc., laissant inoccupés les nombreux palais construits pour lui et sa famille dans toutes les régions du Cameroun. Paul BIYA parti pour le sommet de Nations Unies à New York le mois dernier vient d'ailleurs de retourner au Cameroun, plus d'un mois après, et encore parce qu'il devait réceptionner le trophée de la coupe du monde de football de passage au Cameroun. Cela démontre à suffisance le danger que constitue le maintien au pouvoir d'un homme qui n'a aucun respect pour ses concitoyens et qui n'est entouré que de voleurs et bourreaux.
Il est important de dire haut et fort à Paul BIYA et à ses bourreaux qu’ils se trompent sûrement d’époque et d’adversaires. On n’asphyxie pas son peuple pour s’éterniser au pouvoir, on ne le tue pas lorsqu’il revendique des libertés. Car dans ces conditions, plus personne de la famille de BIYA ne vivra en paix au-delà de sa mort naturelle.
Il faut savoir réserver sa place dans l’histoire, préparer l’avenir des futures générations, afin de ne pas hypothéquer leurs chances de survie. La répression sauvage que le régime camerounais a l’habitude d’opposer à l’ardent désir du peuple à s’exprimer de manière pacifique sur des questions essentielles constitue un volcan qui explosera un jour.
© L. P. K. AMOUGOU, Yaoundé

Cameroun : Paul BIYA déteste les journalistes camerounais


Denise Epoté :
« Les proches de Paul Biya m’ont empêchée de l’interviewer »

Interview

Depuis son lancement en 1999, « Et si vous me disiez toute la vérité » a reçu plus de 200 invités pour aborder sans détour les questions brûlantes d’une Afrique en pleine mutation, parmi lesquels : Omar Bongo Ondimba, président de la République du Gabon, James Alix Michel, président de la République des Seychelles, le Général Mohamed Ould Abdelaziz, président de la République de Mauritanie, Aminata Traoré, présidente du Forum social africain, Khalida Toumi, ministre de la Culture algérienne, Erik Orsenna, écrivain français, Isaïas Samakuva, secrétaire général de l’Unita (Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola), Donald Kaberuka, président de la Banque africaine de développement, Alpha Blondy, chanteur ivoirien, Tertius Zongo, Premier ministre du Burkina Faso…Des entreprises de 26 minutes menés par Denise Epoté.

Denise Epoté, vous êtes directrice de Tv5 Monde/ Afrique. Vous venez de célébrer à Bamako au Mali le dixième anniversaire de votre émission « Et si vous me disiez toute la vérité ». Quel bilan faites-vous de cette émission dix ans après sa création ?
Le bilan est plutôt positif au regard des invités qui ont accepté de venir sur ce plateau. Le procédé est simple, on les invite ou alors ils se proposent. On en est à notre deux centième invité. Ce sera le président Amadou Toumani Touré qu’on reçoit pour la seconde fois sur ce plateau. Avant lui, plusieurs décideurs africains, du monde politique, de la culture ou du monde des affaires nous ont fait l’honneur de venir sur le plateau du magazine. C’est une tribune qui, je crois, permet d’aller au-delà de l’actualité. Ça permet aussi de poser des questions sur une Afrique en pleines mutations aujourd’hui. Moi je ne peux qu’être reconnaissante envers tous mes invités qui ont accepté de venir occuper le plateau, qui ont tenté aussi, autant que faire se peut, de dire toute la vérité même si ce n’est pas aisé pour les hommes politiques. Mais, je crois que ça permet de lever un point de voile sur les problématiques qui se posent à notre continent aujourd’hui.

Vous avez dit : vous choisissez ou les gens se proposent. Qu’est ce qui guide vos choix ?
Notre choix est guidé d’abord par l’actualité. Quand l’actualité ne l’impose pas, c’est aussi le parcours de l’invité quand j’estime que c’est quelqu’un que l’opinion gagnerait à connaître un peu mieux compte tenu de son parcours. Il peut être un exemple ou un modèle pour la jeunesse africaine. C’est un peu ça le critère du choix des invités.

Pour rester dans le choix, vous avez décidé de célébrer ce dixième anniversaire à Bamako au Mali. Pourquoi pas à Yaoundé au Cameroun, à Libreville au Gabon, à Kinshasa ou dans un autre pays ?
Je crois que le choix du Mali s’imposait. Je pense que le modèle de l’alternance politique du Mali peut être une référence aujourd’hui. Certes, il n’est pas parfait mais, il a montré que le pouvoir n’était pas forcément source de conflit comme il peut l’être aujourd’hui dans plusieurs pays. Et forcément, la personne qui incarne cette politique consensuelle à la malienne est le président Amadou Toumani Touré. C’est pourquoi j’ai choisi de conduire cet entretien de cette deux centième émission qui marque le dixième anniversaire du magazine avec lui comme invité.

On a vu à la cérémonie d’ouverture ce que Bamako compte comme classe politique et professionnels de médias. Croyez-vous avoir atteint la cible que vous visiez en venant ici ?
Je pense que les Maliens se sont sentis honorés et je ne peux me permettre de répéter les propos tenus par le chef de l’Etat lui-même qui a affirmé que c’était un honneur pour son pays que Tv5 ait souhaité célébrer cette émission qui est une émission de référence dans la grille des programmes de Tv5 Monde et surtout ce dixième anniversaire au Mali. Il s’est senti honoré parce que ce n’est pas la première fois qu’il est mon invité. Il a été mon invité en 2002 lors de son accession au pouvoir. En parlant des confrères maliens, eux aussi ont estimé que c’était un honneur fait au Mali que Tv5 décide de célébrer les dix ans d’un magazine comme celui là dans leur pays. C’est pour ça que la presse malienne a été mobilisée. Quand on voit le nombre d’articles rédigés autour de ce dixième anniversaire, le nombre de reportages faits à la télévision malienne, sur le site de mali.com, ça traduit la reconnaissance des professionnels de ce pays à l’endroit d’un média international qu’ils choisissent de mettre sur orbite dans leur pays dans un contexte politique très difficile pour l’Afrique, pour la sous région avec la crise au Niger, la crise guinéenne, la crise en Guinée Bissau ; dans cet environnement là, le Mali, le Burkina Faso et peut être le Togo sont des havres de paix un peu plus que les autres. Cette stabilité dure quand même depuis 1991, date du coup d’Etat d’Amadou Toumani Touré qui aujourd’hui pourrait être un modèle pour certains militaires qui sont arrivés après lui. On se souvient des propos tenus par le général Gueï en 1999 au lendemain du coup d’Etat en Côte d’Ivoire. Il a dit : « Je serai le nouveau ATT de la Côte d’Ivoire ». « Je ne m’accrocherais pas, je rendrai le pouvoir aux civils » : propos tenus par le colonel Mohammed Val en Mauritanie qui a dit que sa référence était Att et il a respecté. Plus près de nous, la Guinée avec Dadis Camara qui, en décembre 2008, a dit qu’il sera le nouveau Att. Mais malheureusement, il n’en prend pas le chemin.

Est-ce qu’il vous est arrivé de solliciter un invité qui a décliné l’offre en disant : « Ecoutez, je n’ai rien à faire avec votre émission », en évoquant d’autres raisons ?
Jamais. Heureusement, parce que c’est un camouflet d’aller vers un invité qui vous dit non je préfère ne pas venir. Non. Quand je regarde l’intégralité depuis dix ans, je dirais même que c’est 80% des invités qui sollicitent de venir. Les autres 20%, c’est moi qui décide de les inviter. C’est plutôt en l’honneur du magazine et de la crédibilité qu’ils accordent à ce magazine.

Ne peut-on donc pas vous accuser d’aller uniquement convaincre des gens intéressés de venir à votre émission ? Par exemple, avez-vous déjà demandé à monsieur Biya de venir à cette émission ?
Pour l’instant non. Parce que ça n’a pas toujours été facile. Mais, c’est le moment de le dire, en 2001 lors du sommet Afrique/France, j’avais sollicité une interview du président Biya auprès du secrétaire général de la présidence de l’époque, Marafa Hamidou Yaya, également du ministre de la Communication de l’époque, Jacques Fame Ndongo ; ils m’ont dit que ce n’était pas possible compte tenu de l’agenda du président. Je n’avais d’autres choix que de constater en fait que c’était un refus de leur part. Et l’émission n’a pas pu se faire. Mais je n’ai pas perdu tout espoir et continue d’espérer qu’un jour peut-être le président Biya m’accordera enfin cette interview. Sinon, tous les autres invités ont toujours accepté avec beaucoup de plaisir, soit de venir à Paris pour la faire soit de me convier à venir chez eux pour faire cet entretien.

Quel avenir entrevoyez-vous à cette émission ? Allez-vous la remodeler après vos dix ans d’expérience ?
Je préfère la garder sous sa forme actuelle parce que ça permet de parler en profondeur de l’actualité africaine ou des problématiques qui se posent au continent. On ne peut pas le faire dans un format plus court. 26 minutes, je trouve que c’est parfait pour un entretien. Je pense que ça permet d’aborder tous les sujets. C’est vrai qu’on ne peut pas toujours aller en profondeur parce qu’il faudrait au moins une heure de temps. Mais une heure de temps à la télé, ça peut être barbant. La nouveauté dans ce magazine est que depuis un an, il est archivé sur Internet, il est consultable en ligne, il y a un sondage sur Internet auquel les internautes peuvent participer. Par ailleurs, l’émission est diffusée sur l’Afrique mais aussi aux Etats-Unis, au Canada, en France, Belgique et Suisse, en Europe francophone. Ce qui fait que le bassin d’audience s’est agrandi depuis la création jusqu’à la mise à l’antenne. Je suis assez reconnaissante au président de Tv5 en 1999, Jean Stauf, qui m’a proposé le titre parce que c’était au lendemain d’une interview que m’avait accordée le président Henry Konan Bedié quelques mois avant le coup d’Etat, c’était au mois de septembre. J’avais fait cette interview en duplex d’Abidjan. Il était à Paris, en route pour une visite officielle au Japon et moi j’étais à Abidjan. C’est à la fin de cette interview que le président de Tv5 Monde m’a dit : « Mais Denise, pourquoi on ne garderait pas une tribune comme ça à l’antenne, parce que huit minutes c’est bien mais c’est un peu court. Et je suis sûr qu’on aura des choses à apprendre des chefs d’Etats africains qui n’ont pas d’autres tribunes ». Certes chez eux. Mais, on sait toujours à quelle occasion ; c’est lors de la fête nationale ou lors de la présentation des vœux. Sur des choses internationales, on peut leur tendre le micro pour qu’ils s’expriment aussi sur les problèmes qui se passent dans leur pays. C’est pourquoi le président Stauf m’a dit qu’il faudrait qu’on réfléchisse sur un format pour que tous les deux mois, on puisse convier un décideur africain pour parler de l’actualité africaine certes, mais également de l’actualité en général.

Avez-vous déjà eu des récriminations après la diffusion d’une émission, des gens qui vous appellent pour vous menacer par exemple ?
Non. Apparemment, ils sont convaincus par ce que disent les invités et ils partagent peut-être aussi mon point de vue à travers les questions que je pose. C’est vrai qu’on ne peut pas tout aborder en 26 minutes. Mais, on essaye de balayer le plus largement possible l’actualité. Comme je vous disais, il y avait un sondage en ligne sur le site de l’émission qui permet aux internautes de venir répondre à une question liée à l’émission. Pas forcément une question que j’ai posée à l’invité. C’est une question d’ordre général concernant soit l’invité soit son pays. Les internautes réagissent toujours. Il y a une alternative avec la réponse « oui » ou « non ». Très souvent, on constate que les internautes ne sont pas tendres. Parce que les deux options qui sont proposées sont presque extrémistes mais c’est un peu pour les titiller. On voit bien qu’ils se prennent au jeu.

On a constaté l’absence de la présidente de Tv5 Monde à Bamako. Comment l’expliquez-vous ?
Il n’était pas prévu qu’elle vienne. Parce que compte tenu des engagements qu’elle a déjà à Paris et liés aux autres zones de diffusion de Tv5, certes l’Afrique est importante parce Tv5 Afrique c’est 30 % du taux d’audience de la chaîne dans le monde, mais les autres régions sont aussi importantes. Marie Christine Saragosse ne pouvait pas venir à Bamako. C’est elle qui lançait l’invitation mais l’événement se faisait autour de l’émission. Elle a estimé que j’étais à la hauteur pour la représenter.

Tv5 s’est mis en partenariat avec Le Messager pour célébrer le 30 anniversaire de ce quotidien camerounais. Pourquoi avoir accepté ce partenariat ?
Participer au trentième anniversaire du Messager est une évidence. Quand on est le premier journal indépendant d’Afrique francophone, avec le parcours qu’on connaît, pour un média comme Tv5 Monde qui milite pour la liberté de la presse à travers les différents prix qu’on décerne, je pense à Kiosque, à Afrique presse, le Journal Afrique, c’était normal que Tv5 soit partenaire d’un tel événement. Pour moi, la question n’est même pas à poser. J’ai dit oui tout suite quand vous m’en avez parlé. J’ai soumis le partenariat à la directrice générale qui a tout de suite donné son accord en disant : « si tu estimes qu’on doit y être, on y sera. »

Fenêtres
1-
En 2001 lors du sommet Afrique/France, j’avais sollicité une interview du président Biya auprès du Secrétaire de la présidence de l’époque, Marafa Hamidou Yaya, également du ministre de la Communication de l’époque qui était Jacques Fame Ndongo, et qui m’ont dit que ce n’était pas possible compte tenu de l’agenda du président. Je n’avais d’autres choix que de constater en fait que c’était un refus de leur part. Et l’émission n’a pas pu se faire. Mais je n’ai pas perdu tout espoir et continue d’espérer qu’un jour peut-être le président Biya m’accordera enfin cette interview.

2-Participer au trentième anniversaire du Messager est une évidence. Quand on est le premier journal indépendant d’Afrique francophone, avec le parcours qu’on connaît, pour un média comme Tv5 Monde qui milite pour la liberté de la presse à travers les différents prix qu’on décerne, je pense à Kiosque, à Afrique presse, le Journal Afrique, c’était normal que Tv5 soit partenaire d’un tel événement. Pour moi, la question n’est même pas à poser. J’ai dit oui toute suite quand vous m’en avez parlé.
Par Pius Njawe Le Messager