La liberté, rien que la liberté

La liberté, rien que la liberté

samedi 10 octobre 2009

Paul BIYA et DADIS Camara : deux adeptes de la boucherie humaine

La boucherie humaine au Cameroun et en Guinée


Pour se maintenir au pouvoir alors que leur politique n’est plus de mise, certains chefs d’Etat n’hésitent pas à massacrer leurs populations. C’est le cas aujourd’hui de MOUSSA DADIS Camara de Guinée Conakry. Ce Putschiste a vainement tenté avec des discours fleuves, de s’attirer les faveurs de la population, mais rien n’y a fait. Celle-ci méfiante à l’égard de quelqu’un qui croit devoir résoudre tout par la violence, n’a pas caché son opposition à la candidature éventuelle de M. CAMARA à l’élection présidentielle. La population croyait légitiment pouvoir exprimer son opinion à l’occasion d’un meeting dans un stade. Bilan : 157 morts dont le seul crime est d’avoir essayé d’user de la liberté d’opinion politique, de la liberté de parole. Pourquoi s’acharner à rester au pouvoir et contre la volonté du peuple si c’est lui qu’on veut servir ? (on se souvient que dans ses premiers discours l’idée de se présenter aux élections ne lui passait pas par la tête : il était venu remettre le pouvoir aux civils).

Le cas de la Guinée n’est pas isolé. Le Cameroun de Paul BIYA était d’ailleurs le premier à faire l’expérience de ce nouveau type de génocide, de crime contre la jeunesse, en février 2008. La jeunesse exprimait son ras-le-bol face à une politique ruineuse, mais téméraire, d’un homme en mal de ressources. Depuis 1982, le sort des camerounais est incertain entre les mains d’un dictateur. Aujourd’hui encore, cet homme n’arrive pas à comprendre que son temps est révolu, celui où l’on gouverne par des discours, des promesses qui durent un quart de siècle, des slogans pompeux et exacerbant de la misère des camerounais. Paul BIYA ne comprend toujours pas qu’il devrait se retirer de la scène politique.
L’occasion lui était donnée en février 2008 de le comprendre et de prouver aux camerounais son amour, sujet à caution, pour ce pays, évitant le néo génocide qui en résulta. Les évènements de février 2008 qualifiés (à tort) d’émeutes, n’étaient que l’expression d’une jeunesse intelligente et révoltée, une jeunesse désormais sans espoir, une jeunesse fatiguée d’une politique archaïque, qui interpellait Monsieur BIYA sur sa misère, sur les inégalités sociales qui n’en valent pas la peine. La colère populaire se tournait contre la cherté de la vie, mais aussi contre la possibilité d'un maintien au pouvoir de Paul BIYA, qui préside aux destinées du pays depuis vingt-six ans et semble vouloir briguer un nouveau mandat. Mal lui en pris. La jeunesse camerounaise n’a et pour seul interlocuteur que les mercenaires en noir du BIR, spécialement formés pour le massacre des êtres humains. Le 27 février 2008 notamment, il eut un véritable génocide sur le pont du Wouri. Des jeunes en provenance du quartier Bonabéri à Douala 4é, avec des messages de paix inscrits bien en évidence sur des pancartes, ont entamé une marche pacifique pour exhorter leurs camarades à revenir à la raison. Ils avaient l’intention de rencontrer le gouverneur de la région du Littoral. Mais ils ont été sauvagement massacrés alors qu’ils traversaient le pont sur le fleuve Wouri. Bilan : 139 morts selon l'Observatoire national de défense des droits de l'homme, et des milliers de blessés.
Une riposte sanglante dont la signification est fort simple : Monsieur BIYA n’a que faire du sort des camerounais ; il entend se maintenir au pouvoir coûte que vaille. D’ailleurs, il a modifié la Constitution pour pouvoir représenter en 2011 et remporter haut la main avec une fraude outrancière.

Le cas des camerounais massacrés en février 2008 est identique à celui des guinéens d’aujourd’hui. Mais c’est où règne une surprise : la communauté internationale est entrain de s’activer pour prendre des mesures contre MOUSSA DADIS Camara alors qu’elle n’a pas plié le moindre doigt contre le dictateur Paul BIYA depuis février 2008. A ce jour d’ailleurs, aucune commission d'enquête n'a été constituée afin de rechercher la vérité et d'établir les responsabilités des massacres commis.
Je ne voudrais pas dire que les camerounais croient en la communauté internationale comme un sauveur ; non ils sont assez grands pour ne pas y compter. Mais je voudrais relever une identité de faits d’une population à une autre, qui devrait susciter la même réaction.

Le sang des guinéens serait-il plus cher que celui des camerounais ? En tout cas la communauté internationale ne doit pas se rendre complice au Cameroun de cette boucherie humaine, de ce crime contre la jeunesse.
© Pr. Jean GATSI, Agrégé de droit privé et des sciences criminelles, Université de Douala - Cameroun

Le régime de Paul BIYA détruit le système éducatif


Misère des enseignants camerounais


En matière d'Éducation, considérée comme processus et résultat, (presque) tout a été dit, mais beaucoup reste à faire. C'est une banalité lorsqu'on affirme aujourd'hui que le système éducatif camerounais, du moins ce qui en tient lieu, est obsolète et gangrené dans tous ses rouages. Les méfaits de la gangrène sont (s'annoncent) désastreux pour les jeunes qui reçoivent l'éducation au premier chef et pour la société en général.
Si tout le monde semble s'accorder sur son inadaptation à notre contexte socioculturel et les causes du mal, les divergences persistent cependant sur les remèdes susceptibles de redresser la situation et sur la manière de les administrer. Ces divergences, et surtout, l'absence de volonté politique continuent de bloquer l'application de la loi n°98/004 du 14 avril 1998 d'orientation de l'Éducation. Et, quatorze (14) ans après la tenue des États de l'Éducation en 1995, la suppression du probatoire reste toujours attendue.

Elle n'est, peut-être, plus à l'ordre jour.
Certes, la situation de l'éducation au Cameroun interpelle d'abord les enseignants, ce corps d'élites auquel incombe la mission de transmettre aux apprenants les connaissances livresques, et au-delà, de leur enseigner les valeurs morales et éthiques, bref d'éduquer et de former la jeunesse camerounaise. Mais, jusqu'où peuvent aller nos " grands maîtres ", " grands profs " et autres " teachers " lorsqu'on sait qu'aujourd'hui plus qu'hier, malgré la " revalorisation " en trompe-l'oeil des salaires, malgré la croissance économique annoncée et célébrée, malgré l'atteinte du point d'achèvement de l'Initiative pays pauvres très endettés, leur situation n'est guère reluisante et enviable. La misère, la marginalisation restent leurs lots quotidiens.
Que n'a-t-on pas vu ? De l'enseignant piéton et mendiant à l'enseignant clochard, l'image que laissent ces "levain de la pâte sociale" est choquante. Ce qui inquiète est moins leur situation de laissés pour compte de la société que le déshonneur, la déconsidération (même au sein de leurs ministères) et les dépravations auxquels les ont confiné les années de délinquance d'un système cynique, juvénophobe ayant fait de l'enseignant celui qui doit tout donner pour former les jeunes mais pour qui on ne peut consentir le moindre traitement honorable. C'est à peine si la société et les pouvoirs publics ne les considèrent pas comme des " parias " ou des " sous-hommes ".

L'apartheid salarial pratiqué à la fonction publique camerounaise saute même aux yeux des aveugles. Même au sein de leurs ministères respectifs, ils sont laissés à la merci des hommes politiques influents et des individus proches du chef de l'État ou de la première dame. Dans lesdits ministères, il suffit que " ces hommes bien de là-bas " qui gravitent autour du Roi Soleil, exigent que les ministres relèvent des enseignants de leurs fonctions ou qu'ils les exilent dans des coins les plus reculés de la République pour que ces ministres, dont l'un des devoirs est de protéger leurs collaborateurs, s'exécutent sans chercher à savoir si ces enseignants sont coupables des fautes dont ils sont accusées ou s'ils ont commis une faute professionnelle.

On comprend pourquoi certains enseignants choisissent les voies de droit pour que justice soit rendue pendant que d'autres grognent et, à travers leurs syndicats, menacent d'entrer en grève pour protester contre les injustices et leurs mauvaises conditions de vie et de travail. C'est depuis novembre 1993, date de la seconde baisse des salaires que les enseignants camerounais formulent des griefs contre les pouvoirs publics. Cette année là, ils ont vu leur pouvoir d'achat réduit de près de 70%. D'aucuns qui avaient des salaires compris entre 300 et 400 mille francs Cfa ne percevaient plus qu'à peine 100 mille francs Cfa. Leur situation a été aggravée par les effets catastrophiques de la dévaluation du franc Cfa survenue en janvier 1994 sans mesures d'accompagnement.

Depuis lors, il est devenu impossible pour un enseignant de vivre décemment et de s'épanouir dans son lieu de travail. Devenus clochards et/ou mendiants, la seule planche de salut qui leur restait et qui reste encore à certains enseignants, est le racket systématique et sans vergogne des élèves et parents, le monnayage des recrutements et des notes, la corruption, la délation, les harcèlements de toutes sortes et autres trafics sordides qui les dévalorisent et sont à l'origine du mépris que la société affiche envers eux. De nos jours, la démotivation est à son comble. Beaucoup d'enseignants ont quitté la profession. Beaucoup d'autres se sont refugiés dans d'autres ministères. Des milliers d'enseignants ont été admis, sur leur demande, à la retraite par anticipation. Parmi ceux qui restent, la plupart n'a plus le coeur à la tâche. Ils y restent tout simplement parce qu'ils ne trouvent pas (encore) mieux ailleurs.

Dans l'enseignement supérieur, beaucoup d'enseignants ont pris le chemin de l'exil parce que la situation est insupportable, malgré des améliorations notables apportées ces derniers temps, mais qui sont très en deçà de leurs besoins et attentes. Pourtant, les revendications salariales ne sont pas la toute première préoccupation des enseignants. Elles sont faciles à satisfaire dans un contexte d'abondance matérielle et pour peu que les pouvoirs publics manifestent une réelle volonté politique, sans que les conditions du travail soient toujours meilleures. C'est dire si à côté des conditions salariales et de vie déplorable, les conditions de travail sont d'une précarité révoltante.

De fait, c'est d'abord les effectifs pléthoriques. Dans les salles du primaire et du secondaire (en milieu urbain surtout), on trouve des classes de plus de 150 élèves. Dans certaines "universités", les amphis contiennent plus d'un millier d'étudiants. Dans ces situations, certains enfants achèvent une année scolaire n'ayant pu communiquer avec les enseignants que par le biais de devoirs surveillés et/ou des travaux dirigés, le plus souvent notés à l'aveuglette et même pas du tout. A ce problème d'effectifs pléthoriques, se greffe un autre que Sikounmo, professeur de français aujourd'hui retraité, stigmatise : C'est celui de la différence excessive de niveaux entre les élèvesd'une même classe. L'écart est parfois si grand que certains sont capables d'enseigner d'autres.

Alors le pédagogue se demande à quel palier situer son cours: tendre la perche à la foule des traînards quasi irrécupérables ou se contenter d'accompagner la petite poignée de tête? Le niveau de plus en plus bas des épreuves et les fraudes multiformes ne permettent pas de passer par les examens de fin d'année pour effectuer un tri sérieux". Les cadres (établissements scolaires, universités) dans lesquels travaillent les pédagogues camerounais sont des univers surréalistes :absence de manuels, de livres pour maîtres et professeurs, de bibliothèques, de laboratoires, de toilettes; de tables-bancs et de bureaux pour enseignants dans les salles de classe ; délaissement total des bâtiments et autres matériels didactiques quand ils existent ; tableaux noirs devenus blancs et glissant d'usure et de vieillesse, portes et fenêtres sans battants ; établissements sans clôture etc.

A toute cela s'ajoute: le manque de formation et d'évaluation continues des enseignants, les critères flous dans les promotions et nominations des administratifs qui se font généralement sous fond de corruption, de népotisme et de clientélisme, ce qui favorise l'émergence d'une administration parasite, infestée de délinquants séniles, etc. Toutes ces défaillances et bien d'autres entraînent une démobilisation générale des enseignants qui se répercute sur le rendement des élèves, l'intérêt de ces derniers ayant été depuis longtemps relégué au second plan. Muselés, sans secours ni recours, ils sont demeurés les dindons d'une farce de très mauvais goût organisée par les pouvoirs publics qui n'ont cessé d'affirmer, du bout des lèvres, qu'ils sontl'avenir du Cameroun.

Les attitudes des pouvoirs publics n'étonnent plus grand monde. Elles participent des stratégies de pérennisation du système politique actuel qui encourage la prolifération des multinationales de Dieu, préfère tenir les Camerounais captifs de leurs instincts de conservation, et qui a choisi de régner sur des ivrognes et de n'avoir affaire qu'aux ignorants superstitieux et peureux - même lettrés bardés de diplômes - au lieu de faire face à des intellectuels aisés et avisés. Une politique de courte vue, car il est illusoire de penser un seul instant qu'on peut rendre notre système scolaire performant et assurer le développement durable de notre pays sans résoudre les problèmes des enseignants. Nietzsche prophétisait : " Un jour viendra où l'on n'aura plus qu'une seule pensée : l'éducation. " Et Mao Tsé-toung, homme d'État chinois, de rajouter : " Le problème essentiel dans la révolution de l'enseignement est celui de l'enseignant ".

Les institutions financières internationales l'ont si bien compris. Elles qui exigent que les secteurs de l'éducation et de la santé soient prioritaires dans la lutte contre la pauvreté. Selon l'Unesco, il faut " des enseignants de qualité pour une éducation de qualité ". Pour cet organisme du système des Nations uniesn : " Pour améliorer la qualité de l'éducation, il faut d'abord améliorer le recrutement, la formation, le statut social et les conditions de travail des enseignants, car ceux-ci ne pourront répondre à ce qu'on attend d'eux que s'ils ont des connaissances et les compétences, les qualités personnelles, les possibilités professionnelles et la motivation voulue "
Germinal, ICICEMAC

Paul BIYA constitue un danger pour le Cameroun de demain


Paul BIYA super Président ?



La question passe dans toutes les chaumières, dans les langues des camerounais et même des personnes étrangères au Cameroun aussi bien en au Cameroun, en Afrique qu’en occident.
Une fois de plus le chef de l’Etat camerounais défraie la chronique par l’ajout d’un trophée de plus dans son bien triste palmarès d’ennemi du Cameroun. Le chef de l’Etat camerounais, comme l’a diffusé plusieurs médias occidentaux et africains s’est offert des vacances plus chères que celles des présidents SARKOZY, OBAMA et BUSH réunis.
Qu’est ce qui explique un tel gâchis ? Comment comprendre qu’un chef d’Etat d’un pays pauvre très endettés (PPTE) s’offre des vacances plus luxueuses que celle de ses principaux créanciers ? Le président BIYA serait-il par cet acte de triste bravoure entrain de narguer le monde entier en général et les camerounais en particulier ?
Il y a à peu près deux mois, le ministre ESSIMI MENYE, sous-fifre du président BIYA annonçait l’emprunt de soixante dix milliards de francs CFA environ à une des organisations financière internationale. Cet argent servirait-il à financer des faramineuses vacances du président BIYA et des ses lieutenants ?
Un million d’euros, soient un peu plus de six cent millions de francs CFA. C’est le triste record battu par Paul BYA pour se payer des vacances de luxe en Baule. Quand on pense que le Cameroun est un pays pauvre très endetté (PPTE) où il manque routes, hôpitaux, écoles….
Tout porte à croire que ce monsieur aurait décidé de réduire ce pays qui a accédé à son indépendance il y a bientôt cinquante ans à une situation d’indigence totale.
Nous ne nous lancerons pas à une analyse profonde de tout ce que cet argent aurait pu faire au Cameroun. Paul BIYA aurait pu passer ses vacances dans son village à MVOMEKA, ou encore dans une des stations balnéaires du Cameroun (limbe kribi) ou encore dans un des nombreux sites qu’offre le Cameroun.
Rappelons que les présidents, SARKOZY, OBAMA, MEDVEDEV et d’autres dirigeants des huit pays les plus riches du monde (MERKEL, HU JINTAO, BERLUSCONI, BROWN, TARO ASO) ont passé les vacances dans leur pays d’origine.
Il est donc légitime de se poser la question de savoir si PAUL BIYA aime le Cameroun. Peut-être en ce moment, le président BIYA a plus besoin d’un psychiatre que de tout autre chose au monde.
Vivement qu’un jour, le Cameroun sera dirigé par quelqu’un qui se soucie des inondations, des glissements de terrains et de tout autre catastrophe qui frappe le Cameroun en ce moment.
Vivement que le Cameroun soit un jour présidé par un Homme qui pense au chômage des jeunes, à la construction des écoles, à l’éradication de la corruption, du tribalisme, à la construction et l’entretien des routes, des hôpitaux… au Cameroun.
Bravo monsieur le super président Paul BIYA.
Par A. LEA - Communauté

Afrique des dictatures

Des coups d’Etat militaires aux coups d’Etat civils, la démocratie se cherche

De nombreux coups d’état militaires, tentatives de coups d’état ont jalonné l’histoire de nos pays depuis leur indépendance. Dans certains de ces états, le règne des civils n’a été que de courte durée. Souvent sous la férule de jeunes officiers parfois sortis des rangs ou ayant servis dans l’armée coloniale, l’armée s’est emparée du pouvoir en invoquant toujours les mêmes raisons : Irresponsabilité des politiques, risques de guerres civiles, tribalisme, corruption, gabegie et cette liste des griefs n’est d’ailleurs pas exhaustive.
Pour donner une légitimité à leurs actions, en dehors des critiques faites aux civils qu’ils démettent de leurs fonctions, ils ont souvent affublé leur groupe de noms évocateurs tels que conseil national de la résistance ou de la rédemption ou de redressement etc.
Pourquoi font-ils irruption dans un champ logiquement réservé aux civils pourrait-on se demander ? La faillite des civils peut-elle justifier à elle seule la prise du pouvoir par l’armée dont la vocation première est et demeure la défense de l’intégrité des frontières nationales ?
Une fois le pouvoir conquis dans ces pays, quels redressements ont-elles voulu, su, pu procéder ?
Après l’avènement du multipartisme dans tous ces pays, pourquoi rentrons-nous à nouveau dans une ère de coups d’états ? Pire pourquoi, malgré les protestations, les directives prescrites par les organes internationaux comme l’UA, ces militaires réussissent à légitimer ultérieurement, par des mascarades d’élections, leur présence au pouvoir ?
Si ce ne sont pas des coups d’état militaires, ce sont des coups d’état civils, institutionnels auxquels sont soumis ces pays.Sommes-nous condamnés à assister sans réagir à ce spectacle désolant que donnent de l’Afrique nos dirigeants politiques ou militaires ? Au vu du bilan de ces civils et/ou militaires au pouvoir, y a-t-il désormais une voie pour sortir l’Afrique post coloniale du cycle infernal des coups d’état militaires ou civils dans lequel elle est engluée depuis les années 60 ?

Les raisons de l’échec des pouvoirs civils après l’indépendance
L’accession à l’indépendance de nos états s’est faite dans une effervescence politique marquée par l’émancipation politique d’une élite africaine, un syndicalisme avant-gardiste dans la lutte pour les droits des travailleurs, un pluralisme et un multipartisme qu’envieraient de nombreux pays aujourd’hui, des débats contradictoires d’idées avec des visions et projets de sociétés différents dont devraient s’inspirer nos leaders politiques actuels, des rassemblements politiques supranationaux tels que le RDA (Rassemblement Démocratique Africain) qui firent la fierté de l’Afrique politique naissante, des leaders patriotiques, nationalistes qui, bien que n’ayant pas apprécié à leur juste mesure les rapports de forces en présence qui leur étaient défavorables, ont néanmoins su donné aux générations que nous représentons aujourd’hui une fierté sans commune mesure avec la honte qu’inspire nos dirigeants actuels.
Alors que s’est-il donc passé pour que nos premiers dirigeants s’orientent vers des formes de gouvernement qui dénient aux citoyens tout droit à l’expression, à la liberté de pensée, au libre choix de ses représentants ? Vraisemblablement la guerre froide que la construction du mur de Berlin avait engendrée. Le Monde devenu bipolaire par la confrontation des deux grandes puissances, les USA et l’ex URSS, nous offrait la projection d’un spectacle dans lequel nos pays jouaient les rôles de pions sur un échiquier dont seules ces puissances maîtrisaient les enjeux.
Au nom de cette fameuse guerre froide, certains de nos premiers dirigeants, au mépris des intérêts de leurs peuples, instaurèrent des véritables dictatures accompagnées de toutes les formes de régression possibles : économique et sociale notamment.
Dépourvus de légitimités populaires, ils gouvernèrent soit en s’adossant sur leur ethnie comme si ce socle ou sédiment tribal représentait un gage de sécurité et de pérennité absolue soit sur des armées dont le républicanisme en pleine gestation et construction demeure toujours inachevé aujourd’hui voir sur les deux à la fois. Ils multiplièrent au passage la gabegie, la corruption menaçant l’équilibre déjà précaire de leur économie embryonnaire.
La révolte couvait et ces pions risquaient alors de passer dans l’un ou l’autre camp. Ce fut le cas du Mali de Modibo KEITA, du Togo d’OLYMPIO, du Congo Brazzaville de Fulbert YOULOU, du Congo Kinshasa de Patrice LUMUMBA, du Bénin de SOGLO, de la RCA de David DACKO, du Tchad de François TOMBALBAYE et plus tard du Niger de Diori HAMANI et de la Mauritanie d’Ahmed OULD DADDAH.
Il y eut fort heureusement dans cette première cuvée des dirigeants qui trouvèrent un équilibre entre la soumission à ce jeu d’échec avec son cortège de privation de droits de leurs citoyens et l’impératif d’un développement harmonieux de leur pays.
Nous citerons les cas du Sénégal de SENGHOR reconnu à juste titre à l’époque pour les vertus démocratiques de sa gouvernance, la Côte d’Ivoire d’Houphouët BOIGNY pour son développement économique fulgurant qui masquait les carences en matière de libertés politiques, le Cameroun d’AHIDJO qui avançait lentement mais surement vers le progrès malgré la chape de plomb qui pesait lourdement sur la tête des opposants et enfin le Gabon qui voguait avec insouciance comme un bateau à gouvernail automatique dans une mer de richesse.Les premiers qui menaçaient l’équilibre de ce jeu d’échec par leur mauvaise gouvernance selon les règles édictées par ces puissances coloniales furent écartés du pouvoir par des militaires «Foccartisés» pour ne pas dire sous l’influence de cette nébuleuse que l’imaginaire populaire africaine appelle désormais la Francafrique.

Le pouvoir politique au bout du fusil
EYADEMA du Togo et Seyni KOUNTCHE du Niger furent les exemples emblématiques de cette dérive militaire que nombre d’observateurs justifiaient par l’instabilité ou le chaos dans lesquels risquait d’entraîner les civils (OLYMPIO et Diori HAMANI) si l’on n’y mettait pas fin rapidement.L’autisme de ces dirigeants civils face aux revendications de leur population n’était-il pas dû à cette règle non écrite qui déniait toute expression politique au nom de cette guerre froide et dont ils abusaient en toute circonstance ?
L’effet boomerang était assuré lorsqu’on était un dictateur «peu éclairé». Résultat des courses, une junte militaire s’y engouffrait aisément avec toujours les mêmes objectifs et un calendrier à géométrie variable comme ceux annoncés par l’actuel Président Mauritanien et ex-putschiste ou plus récemment par le capitaine Moussa DADIS de la Guinée.
Le bilan de leurs années de pouvoir fut aussi mauvais sinon catastrophique que celui des civils qui les avaient précédé et ce pour les mêmes raisons : Privations des droits d’expression individuelle et collective, mauvaise gestion des affaires publiques, absence d’alternance. Toutes choses qui pèsent actuellement sur la conduite du changement démocratique dans ces pays comme nous allons le voir un peu plus loin.
Il faut noter toutefois deux exceptions à ce médiocre bilan des militaires et qui ne sauraient justifier leur prise de pouvoir. Il s’agit respectivement du Ghana du Flight lieutenant Jerry RAWLINGS et du Mali du Colonel Amadou TOUMANI TOURE.
Les ferments d’une explosion « démocratique » non contrôlée car non préparée, étaient désormais réunis et n’attendaient plus qu’une ouverture.La chute du Mur de Berlin consécutive à la Pérestroïka engagée par GORBACHEV allait créer un vent de liberté en Afrique.
Nelson MANDELA fut libéré, les armatures de l’Apartheid tombèrent, le multipartisme devint légion à la suite du sommet de la Baule.
On oublia néanmoins de proclamer qu’un multipartisme sans son corollaire, l’alternance, n’était qu’une démocratie de façade qui allait se muer à très grande vitesse dans nos pays après les premiers balbutiements démocratiques des années 90.

De l’hirondelle du printemps démocratique des années 90 aux coups de forces actuelles.
Hormis deux représentants de cette génération de dirigeants africains qui avaient joué naïvement diront certains, le jeu de l’ouverture démocratique, en passant sous les fourches caudines des conférences nationales, Sassou NGUESSO et KEREKOU pour ne pas les citer, tous les autres dirigeants plieront comme des roseaux sans rompre. Après les premières élections pluralistes qui virent les opposants battre les sortants mais être spoliés néanmoins de leur victoire, selon les comptages officieux : Laurent GBAGBO contre Houphouët BOIGNY, Pierre MABOUNDOU contre Omar BONGO et Ni John FRU NDI contre Paul BIYA, nos pays, sous la houlette des civils ayant une légitimité contestée et contestable, sombrèrent inexorablement vers des « démocratures » c’est-à-dire des systèmes qui, pour bénéficier d’un quitus ou une caution international, organisent des élections supposées pluralistes et les gagnent au prix de toutes les contorsions imaginables (refus de candidatures gênantes, fichier électoral truqué, refus d’inscription d’électeurs, bourrage des urnes, contrôle du processus électoral par des organismes aux ordres du pouvoir, administration à la solde du pouvoir tout comme l’est la magistrature, des médias publics caporalisés, les acteurs de la société civile marginalisés, une opposition laminée par des divisions suscitées et entretenues par le pouvoir, des politiques sans envergure et sans reliefs, des partis sans projet et programme politiques etc ....).
Tout laisse croire que celui qui organise les élections les gagne automatiquement comme si tout organisateur d’une coupe du monde de football devrait obligatoirement la gagner.L’illusion d’une démocratie plurielle que la floraison de partis politiques, de journaux, des discussions libres voir des mouvements suscitaient, a désormais cédé la place au désenchantement.

Comment en est-on arrivé là ?
Historiquement les victoires notamment politiques s’obtiennent toujours par le combat. Les forces engagées dans ce combat gèrent à tout moment des rapports qui donnent lieu à des victoires, des échecs ou des compromis. Or dans le cas qui concerne l’Afrique, le multipartisme qui constitue un élément parmi tant d’autres d’une démocratie, n’a pas été le résultat, comme le fut nos indépendances, d’une lutte endogène mais tout simplement un plat servi par des mains étrangères selon des données exogènes.
Surpris par cette « aumône » à laquelle personne ne s’y attendait, les uns et les autres dans une impréparation totale s’y jetèrent avec les nombreux errements que l’on constata et constate encore aujourd’hui. Le contraire aurait été étonnant. Au Cameroun, les vrais politiques, ceux qui avaient fait leurs armes pendant la période de lutte pour l’indépendance, avaient été soit éliminés soit laminés, inhibés ou exilés bref réduits à une population d’espèces disparues ou en voie de disparition.
La nature ayant horreur du vide, les derniers « Mohicans » de cette génération, les descendants par filiation de ces politiques, les apparatchiks de l’ancien parti unique, les fonctionnaires ambitieux ou en rupture de banc, les jeunes loups aux dents longues sans apprentissage s’improvisèrent homme politique et envahirent le champ politique camerounais.
Ce phénomène d’auto-titrisation de la personne, spécifique au Cameroun s’est d’ailleurs propagé à d’autres sphères dans notre pays. Après la dévaluation du Franc CFA en 1994, chacun s’improvisa homme d’affaires et maintenant opérateur économique.
Dans ce fourmillement indescriptible où les gens notamment dans l’opposition naissante n’avaient jamais connu de baptêmes de feu d’une campagne électorale, le pouvoir animé par des gens rompus aux arcanes de la politique politicienne n’eurent pas de mal à acheter la conscience des uns ou à phagocyter les autres. D’où les phénomènes de transhumance observés sur la scène politique camerounaise au gré d’opérations de chaises musicales lors des différents remaniements ministériels.
Le peuple, nos damnés de la terre qui avait tant cru à ceux qui pouvaient incarner le changement tant attendu, dû renoncer au combat en laissant sur les carreaux nos frères et sœurs.La suite nous la connaissons aujourd’hui, des pays qui vont mal économiquement, politiquement, socialement et culturellement.
A l’image d’un Sénégal dont la gestion de celui qui fut porteur du Sopi a régressé notamment sur le plan des libertés. Un Président qui, leader dans l’opposition faisait la fierté des africains et les sénégalais en particulier, cherche aujourd’hui à imposer son fils Karim WADE dans l’arène politique.Tout comme l’a fait Gnassingbé EYADEMA pour son fils Faure et Omar BONGO pour Ali et peut-être d’autres dans l’avenir.
Des objecteurs diront qu’en France, le Président SARKOZY n’hésite pas lui aussi à favoriser l’ascension de son fils, âgé seulement de 23 ans, fraîchement titulaire d’un DEUG de droit de la faculté de Paris ASSAS obtenu à la session de Septembre de l’année dernière, aux plus hautes sphères de la politique dans son département des Hauts-de-Seine et dans la Finance comme Président de l’EPAD , l’établissement qui gère le plus grand quartier d’affaires d’Europe.
Et si cela ne suffisait pas avant que la mort ne survienne, on modifie à souhait la constitution non seulement pour lever le verrou de la limitation des mandats afin de se perpétuer au pouvoir mais aussi pour s’octroyer une immunité dont tout le monde sait qu’elle n’a aucune valeur. Ce qui est fait par un homme peut l’être par un autre demain.
L’exemple de l’Italie avec l’annulation des lois protégeant le Président du conseil Berlusconi est tout frais pour rappeler nos dirigeants à la raison.Ce type de changement a fait tâche d’huile et se propage comme les métastases d’un cancer à l’Afrique toute région confondue. De l’Algérie au Cameroun en passant par le Tchad et maintenant le Niger qui résiste tant bien que mal aux pressions de l’exécutif.Parfois ces toilettages ciblés n’ont pas permis de mettre en place, peut-être à dessein, des dispositions légales de transmission de pouvoirs en cas de vacances.N’est-ce pas un appel d’air programmé à ces militaires que l’on a choyé pendant des années à coup de prébendes et utilisé dans la répression féroce des manifestations ?
Qui mieux que ceux qui se sont salis les mains pour assurer la pérennité d’un système.Nous vivons en direct et de façon dramatique l’histoire de nos frères et sœurs guinéens pour ne pas réfléchir aux voies et moyens qui nous permettront de préparer une alternance apaisée dans nos pays. Nous devons tous, sans exclusion, nous lever et agir afin que l’égoïsme de nos dirigeants ne nous mène pas dans l’abîme.

Nous le pouvons, nous le devons pour nos enfants. Nul besoin de s’appesantir sur les influences intérieures et/ou extérieures qui existent partout, influences qu’il faut identifier et tenter de domestiquer.Malgré leur existence, les Etats fonctionnent, les gouvernements agissent. Aux Etats-Unis, il y a des lobbies, en Europe des syndicats, en Afrique des nébuleuses qui n’ont pas empêché par exemple le Président Houphouët BOIGNY de construire une autoroute entre Abidjan et Bouaké, le Président Ahidjo de laisser au Cameroun en héritage des joyaux comme la SONARA, la CAMAIR, la CAMTEL ou de prendre des décisions empreintes de souveraineté telles que la sortie de l’OCAM, la sortie d’Air Afrique ou le refus de laisser le territoire camerounais servir de base arrière et d’approvisionnement à la rébellion Biafraise d’ODJUKU.
Adrien Macaire LEMDJA

Le fils du dictateur Paul BIYA à la tête du Cameroun ?


Frank BIYA sera-t-i le prochain Président du Cameroun ?


Jamais trois sans quatre. Après la République démocratique du Congo, le Togo et le Gabon d’autres fils de chef d’Etat piaffent d’impatience dans l’antichambre du pouvoir. La formule d’une présidence héréditaire fait désormais recette dans les pays africains. Au Cameroun, la question brûle les lèvres. Frank Emmanuel Olivier Biya succèdera-t-il à Paul Biya ? Personne n’en parle ouvertement, mais tout le monde s’interroge. Assez discret et d'une sobriété légendaire, loin du champ visuel de la politique, le fils aîné du président de la République est différent des autres fils de chef d’Etat, un peu trop présents dans les arcanes du pouvoir. Rien à voir donc avec Jean Sarkozy, Karim Wade, Saïf Al-Islam Kadhafi, Théodoro Obiang Nguéma, Gamal Moubarak….
Il reste loin des affaires d’Etat et semble ne pas être intéressé par le pouvoir. On ne l’a jamais vu s’impliquer dans la gestion des affaires publiques. Absent des campagnes électorales et autres cérémonies officielles, on l’aura uniquement vu aux côtés de son père au palais de l’Unité, lors des visites des souverains pontifes Cameroun. Pour certains analystes, cette ‘’virginité politique’’ savamment entretenue, peut lui servir d’atout majeur. Le fils du père pourrait se présenter, le moment venu, comme un homme nouveau, épargné des scandales politico financiers qui ternissent l’image de toute classe politique actuelle. Dans cette ambiance de batailles en sourdine pour la succession au fauteuil présidentiel, les Biyaïstes s’épient, conspirent et complotent continuellement. Les querelles de clochers devenant récurrentes, il est de plus en plus évident que passer le relais à l’un de ces suppôts peut être un danger pour le Cameroun. Arrivés en politique à coup de décrets présidentiels, ces caciques ayant amassé pour la plupart des trésors de guerres considérables, et qui surtout, se détestent mutuellement, sont à mesure de mettre le Cameroun à feu et à sang si l’un d’entre eux damait le pion aux autres.
Certains observateurs avertis de la scène politique nationale soutiennent à cet effet que, seul un homme neutre peut éviter le cafouillage du ‘’marécage abidjanais’’ au pays des ‘’Grandes ambitions’’. Un homme susceptible de se faire accepter par les différentes factions des Biyaïstes, et, aplanir les divergences. Le casting des potentiels successeurs au magistère est très réduit à ce niveau. Contrairement à Chantal Biya qui ne fait pas toujours l’unanimité dans l’entourage du Chef de l’Etat, Frank Emmanuel Olivier Biya apparaît ici comme un joker. Sa nomination comme conseiller du président ou ministre chargé des missions à la présidence était d’ailleurs au menu d’un entretien discret entre Paul Biya et Cavaye Yeguie Djibril, c’était en mars dernier au bord du Lac Leman en Suisse. Dans certains cercles proches du pouvoir, l’on s’amuse parfois à comparer Frank Emmanuel Olivier Biya à son géniteur de président. C’est le prototype même du chat désintéressé par la souris. Il se met dans la posture de celui qui se laisse porter par l’appel de l’histoire. Il laisse le soin aux autres de prendre des initiatives en sa faveur, et joue à fond sa partition à l’instant indiqué. Des signes avant-coureurs laissent déjà présager que le fils de Jeanne Irène Biya s’attendrait désormais à un avenir ensoleillé. Après une longue période sabbatique, il suit actuellement des cours très accélérés de diplomatie à Genève, après une formation en sciences politiques à Monaco. Dans la même foulée, il apprend désormais à être présent au près de ‘’L’homme lion’’. Le jeune homme fait sa première apparition dans une délégation officielle du Cameroun à l’étranger le 17 octobre 2008.
C’était au dernier sommet de la Francophonie à Montréal au Canada. Lors des derniers séjours du chef de l’Etat en Europe, il aurait rendu visite à son père tous les jours ou presque, s’entretenant parfois avec lui jusqu’à des heures tardives. La dernière visite à Yaoundé, du candidat déclaré vainqueur de la présidentielle gabonaise du 30 août, Ali Ben Bongo Ondimba, est interprétée par plusieurs analystes, comme un signe fort en direction de Frank Emmanuel Olivier Biya, et de toute la nation camerounaise. Le président Biya a déroulé le tapis rouge et rendu tous les honneurs dus à un Chef d’Etat au fils d’Omar Bongo Ondimba, alors que ce dernier n’a pas encore les attributs de président de République. Bien plus, de mémoire d’homme, jamais Paul Biya n’avait accompagné un invité de marque jusqu’à l’intérieur de l’Hôtel Hilton.
Il y a également belle lurette Paul Biya n’avait plus accueilli un chef d’Etat au perron du Palais de l’unité. Pour certains laudateurs, il y a lieu de retenir plusieurs leçons, en plus de celle la plus répandue : ‘’Paul Biya, le nouveau maître de la Françafrique en Afrique centrale’’. Primo, il s’agit de dire à Frank Biya ‘’Yes you can, et, il y aura quelqu’un pour te tenir le bras comme je le fais avec Ali Ben’’. Secundo, la mobilisation de tous les corps constitués de l’Etat, sous une pluie battante, est un message à l’endroit de toute la camarilla au pouvoir : ‘’Habituez-vous à faire allégeance aux fils des chefs d’Etats, c’est des présidents de la République en devenir, Frank est en route’’. Signes des temps ou simples supputations ? Seul l’avenir nous le dira.
Camer be, Jean Calvin Ovono

OPERATION EPERVIER


Le passeport de Yves Michel FOTSO à nouveau retiré



Des sources policières indiquent que le patron de la Cbc est à nouveau limité dans ses mouvements.Diverses sources non officielles ont annoncé au courant de la semaine le retrait du passeport de l’homme d’affaires Yves-Michel Fotso. Des sources policières assurent cependant que M. Fotso a dû restituer son document de voyage à des policiers spécialement commis à cette tâche après son retour de Paris, où il s’était rendu fin septembre en vue d’organiser les obsèques de sa mère, Lydie Rosette Fotso, épouse de Victor Fotso, fondateur du groupe du même nom, décédée dans la capitale française le 07 septembre 2009.
C’est d’ailleurs à Bandjoun où repose depuis le 26 septembre sa défunte génitrice que se trouve M. Fotso au moment où nous mettions sous presse. «Il y est depuis quelques temps et nous n’avons pas d’informations au sujet [du retrait] de son passeport», a en effet indiqué le service de communication de la Commercial bank of Cameroon (Cbc) que préside Yves-Michel Fotso. Si dans l’entourage de l’homme d’affaires l’on estime que les médias devraient critiquer sereinement les sources qui donnent de telles informations, ce nouvel épisode des transactions autour du passeport de M. Fotso est une affaire dans l’affaire du détournement de deniers publics lors de l’achat de l’avion présidentiel via la Camair.
L’avant-dernier développement du différend étant les remerciements formulés par M. Fotso à l’endroit du chef de l’Etat, au sujet de son passeport restitué, lors des cérémonies funéraires de feu Lydie Rosette Fotso. Ces mots de reconnaissance rapportés par notre confrère Le Jour (édition du lundi 28 septembre 2009) semblaient mettre fin au supplice de cet homme qui voyageait beaucoup à travers le monde pour s’occuper des affaires d’un empire qui pèse 500 milliards de Fcfa selon sa propre évaluation.Cela se passait ainsi pour M. Fotso jusqu’à l’éclatement sur la place publique de l’affaire Albatros et des accusations portées contre le président de la Cbc sur son management de la Camair. Le 26 avril 2008, la police retirait donc le passeport de l’ancien administrateur directeur général de la défunte compagnie aérienne. Bien que ce soit la gestion passée (entre 2000 et 2003) de M. Fotso à la Camair qui avait déclenché cette polémique publique, la raison pour laquelle son passeport lui avait été retiré semblait attachée à un dossier connexe : l’achat de l’avion présidentiel.
L’on se souvient que dès sa convocation à grand renfort de publicité par la police judiciaire en avril à Douala, le sémillant businessman s’était rendu à plusieurs reprises à la direction de la police judiciaire à Yaoundé. Alimentant par cette présence régulière un flot de rumeurs et d’accusations diffuses dont il dut se défendre dans une interview télévisée accordée simultanément à trois chaînes privées Equinoxe Tv, Canal2 International et Stv.
Les enquêtes policières qui ne sont visiblement pas encore achevées laissent donc en suspens de nombreuses questions qui demeurent sans réponses. En lui restituant son passeport, les autorités avaient-elles ôté de la tête de Yves-Michel Fotso tous les soupçons que faisaient peser sur lui ses accusateurs ? A la Cbc, l’on assure que ni le retrait d’avril 2008, ni la restitution de septembre dernier, n’avaient été accompagnés d’explications. Cette nouvelle confiscation signifie-t-elle que la sollicitation à tout moment du témoignage de l’ex-patron de la Camair demeure important pour les policiers ? Ou alors demeure-t-il limité dans ses mouvements parce qu’il serait suspect ? Eventuellement, une fois revenu de sa retraite momentanée de Bandjoun, l’intéressé pourra se prononcer sur le sujet a-t-on appris au service de la communication de la Cbc.

Mutations : Jean Baptiste Ketchateng

Un camion pour la vue au Cameroun


Association avec. Un camion de lunettes pour le Cameroun


Il a fallu un an de travail aux élèves de première et de terminale du lycée professionnel du Bois pour achever le véhicule et le voir partir vers Toulon. Un moment d'émotion pour ces jeunes. « On est tous très content, lâche Anaëlle dans un sourire. On sait tous que grâce à ce camion, des enfants vont pouvoir porter des lunettes et apprendre à lire et à écrire ! ». » Je suis vraiment trés fier » ajoute Damien, ému. Lancé par l'association Avec, Anne Veaute Entraide lycéenne, ce projet baptisé « un camion pour la vue » a permis à trois lycées professionnels de travailler de concert. Donné par EDF, le véhicule a été révisé par le lycée de Mazamet, spécialisé dans la mécanique. Les lycéens en optique de Castres ont collecté des lunettes et acheté le matériel, le lycée professionnel du Bois s'est vu confier tout l'aménagement intérieur. « Le plus difficile a sans nul doute été la conception, pour que l'on puisse tout faire rentrer et pouvoir se remuer à l'intérieur du véhicule ! Avec un impératif : qu'il y ait deux parties bien séparées, l'une pour l'examen, l'autre, pour équiper les enfants » explique Jean-Marc Barbé, enseignant.

Les 20 lycéens ont consacré jusqu'à leurs mercredis après midis pour être prêts à temps. « Il ont vraiment réalisé un travail fantastique, s'exclame Nadine Fabre, le professeur à l'origine du projet. Je ne m'attendais vraiment pas à cela, je suis épatée ! Ce camion va bientôt pouvoir permettre à des enfants de suivre une scolarité normale ». « Je suis vraiment heureux que ce projet humanitaire ait pu être mené à son terme, conclut Frédéric Bizot, le proviseur de la cité scolaire. Grâce au soutien de la région Midi-Pyrénées dans le cadre des projets d'avenir, les élèves ont pu mettre en œuvre une action véritablement solidaire ! »

Un camion qui sera acheminé au Cameroun par l'Armée Française avant d'être confié au ministère de l'enseignement secondaire. Il sera opérationnel dès janvier.
La dépêche

vendredi 9 octobre 2009

Forum sur la corruption dans un pays de corruption


Corruption au Cameroun: les chiffres de la honte


« Le Cameroun a toujours été cité comme un pays à fortes potentialités économiques, mais paradoxalement, il traîne la réputation peu enviable d’un pays où le climat des affaires n’est pas sain (…) la corruption a un impact négatif sur l’activité des entreprises et sur l’image du Cameroun. »

C’est par ces propos, entre autres, que Paul Tessa, président de la Commission, nationale anti-corruption (Conac) a ouvert à Douala le mercredi 7 octobre, le forum qu’il organise pendant trois jours à l’attention des opérateurs économiques et des administrations. L’objectif de la rencontre, au-delà de donner une visibilité à l’organisme comme le dit le président, est l’assainissement du climat des affaires, l’amélioration des conditions de création d’entreprises au Cameroun, l’amélioration de l’environnement des affaires pour favoriser le développement. Et l’idée du forum est partie du constat selon lequel la corruption est devenue presque banale au Cameroun, avec des conséquences néfastes sur l’image du pays qui caracole en bonne place au classement des pays les plus corrompus, en même temps que la destination Cameroun est devenue celle à éviter pour les investisseurs.

Appelé à exposer sur « regards sur les faits, actes et pratiques de corruption dans les milieux d’affaires au Cameroun », le président du Gicam Olivier Behlè a rappelé, à la suite de Paul Tessa, les chiffres d’une enquête menée en 2008 auprès de 1052 entreprises. Il en ressort que 76% des chefs d’entreprises confirment que la corruption avait eu un impact négatif sur leurs activités en 2007, contre 73% en 2006. 49% des patrons avouent avoir versé des pots de vin aux agents des impôts, 36% disent avoir versé ente 1 et 5% de leurs chiffres d’affaires pour obtenir des services. 63% des hommes d’affaires avouent également ne plus avoir confiance au système judiciaire camerounais, tandis que 48% des responsables estiment que le cadre juridique affecte négativement les affaires. Pour le président du Gicam, la corruption se manifeste dans le milieu des affaires notamment par la pratique des pots-de-vin pour obtenir les services, et cela est plus perceptible dans les marchés publics, les dépenses publiques et le système judiciaire. Au niveau de la justice par exemple, il explique qu’il faut au moins 40 procédures et 800 jours pour arriver au bout d’un processus, et c’est cette complexité et cette lenteur qui ouvrent les portes à la corruption, les intéressés voulant voir les dossiers aboutir le plus tôt possible.

A sa suite, maître Charles Nguini de Transparency international a exposé sur les moyens utilisés pour percevoir le niveau de corruption au Cameroun, pour indiquer que les Impôts, la Douane, la Police et la Justice occupent les premiers rangs des corps les plus corrompus dans le pays. Et un diagnostic posé par le Malgache Mamy Raboanarijoana, représentant au Cameroun du programme du Programme des nations unis pour le développement (Pnud) dénommé « Change habit oppose corruption » (Choc), relève que les politiques sont contradictoires en matière de lutte contre la corruption, chaque ministère par exemple ayant sa stratégie de lutte, sans qu’il y ait une coordination d’ensemble. Pour lui, les stratégies de lutte contre le fléau doivent s’étendre sur le long terme, car en l’état actuel, la lutte contre la corruption semble plutôt être un alibi au lieu d’être une réelle volonté, et on se retrouve dans un cercle vicieux de la résignation où devant l’impuissance, on cherche d’abord les justifications, ensuite on l’accepte pour enfin l’intégrer tout simplement comme mode de vie. La corruption devient dès lors banale. Il propose cependant une stratégie à long terme pour arriver à la tolérance zéro.
Le forum s’achève ce jour, 9 octobre.
Le Messager, Roland TSAPI

Le Cameroun a retrouvé ses vertus

Mal en point dans son groupe en début de qualification, le Cameroun s'est bien repris depuis. Alexandre Song et Jean II Makoun décryptent pour notre site cette métamorphose.


Le Cameroun se présentera en leader du groupe A contre le Togo, samedi, à Yaoundé. Ce n'est pas une surprise. Simplement un retour à la normale après une entame de qualification catastrophique. Derniers de la poule après deux journées, les Lions Indomptables se sont remis dans le sens de la marche à la faveur de deux victoires contre le Gabon (2-0, 2-1). Leur regain de forme correspond à un «retour à des vertus» qu'ils avaient momentanément égarées. «Inconsciemment, on a cru que parce qu'on était le Cameroun, les résultats allaient venir d'eux-mêmes, sans fournir d'efforts et on est passé au travers», avoue Jean II Makoun. Il coïncide également avec la nomination de Paul Le Guen au poste de sélectionneur.«C'est quelqu'un de très professionnel et de très rigoureux», souligne Alexandre Song. Le milieu de terrain d'Arsenal relève les progrès enregistrés dans «l'organisation» depuis son arrivée. «On sait très bien qu'en Afrique, c'est particulier. Au moins, maintenant, on peut se concentrer uniquement sur le terrain». Son partenaire dans l'entrejeu, Jean II Makoun, retient davantage «le discours et les méthodes» de l'ancien entraîneur du Paris-SG. «Il nous a dit qu'un tel gâchis était inconcevable compte tenu de la somme de talents réunis dans cette équipe. C'est bête, mais ça nous a remis en confiance». Côté terrain, Le Guen est «sûr de lui». «C'est le seul décideur. Pour lui, tout le monde est dans le même sac et doit tirer dans le même sens. C'est son leitmotiv».

Le stage en Autriche, base du renouveau
La métamorphose du Cameroun n'incombe cependant pas au seul Le Guen. «C'est un ensemble de choses», mais il a servi de catalyseur, semble dire Makoun. Le vrai déclic est intervenu lors du stage en Autriche, début août. «On a fait un super match (2-0 contre la Wunderteam) et de supers entraînements. C'est à ce moment-là qu'on a énormément parlé entre nous, qu'on a tout remis à plat, raconte l'ancien Lillois. On s'est dit qu'il fallait faire beaucoup plus en terme d'implication, que le talent seul ne pouvait pas suffire». «Moi je n'y étais pas, mais c'est vrai que lorsque je suis revenu dans le groupe, j'ai vu que tout le monde avait retrouvé le sourire, corrobore Song. Maintenant, on respire la sérénité, on a la joie, même dans le travail. Tout ce qui nous importe, c'est la qualif'». Elle est de nouveau d'actualité.
Emery TAISNE

SONG-ADEBAYOR, C'EST ARRANGÉ.
Les retrouvailles ne s'étaient pas bien passées. Lors de Manchester City - Arsenal (2-1), fin août, Emmanuel Adebayor avait été accusé par Alexandre Song de l'avoir giflé, lui qui était «comme un grand frère» pour l'ancien Bastiais. Depuis, les deux joueurs ont eu «tout le temps de discuter». «Je lui ai dit ce que j'avais à lui dire. On est passé à autre chose», affirme Song, qui se méfie particulièrement du Togolais, samedi. «Quand on parle du Togo, on pense d'abord à Adebayor, mais ils ont des joueurs solides à tous les postes, coupe Makoun. Il faudra se montrer particulièrement vigilant et ne pas penser que ce sera plus facile que face à Gabon».
L’équipe

jeudi 8 octobre 2009

Viré comme il se doit

Pourquoi Célestin Ndonga, DG de Electricité du Cameroun (EDC) est tombé

Ainsi, Célestin Ndonga, directeur général de Electricité du Cameroun (EDC) a finalement été viré de son poste à l'issue du conseil d'administration extraordinaire du 24 juillet dernier. Il a perdu la partie de bras de fer qui l’opposait au conseil d’administration, certainement du fait du démantèlement de son réseau suite au remaniement ministériel de juillet dernier. Certaines informations au Cameroun le disait proche de l’ancien Premier ministre Inoni Ephraim, lui même viré lors de ce remaniement. Ainsi va le pays : « lorsque le quelqu’un de quelqu’un n’est plus quelqu’un, le premier quelqu’un se retrouve généralement dans des sales draps ».

Officiellement, il était reproché à Célestin Ndonga "la signature d'une convention avec les coréens au sujet de la construction d'une centrale à gaz à Douala dans le cadre du programme d'urgence du développement du secteur de l'énergie au Cameroun". Mais d'après les observateurs, il ne s'agit que de la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

Déjà dans un article titré : « un centralien électrocuté », le journal « Mutations » du 26 juin dernier relatait les déboires de Célestin Ndonga à la tête de la société d’Etat où le conseil d’administration l’a presque étalé. Célestin Ndonga, l’homme aux dreadlocks n’est certainement pas le plus célèbre des centraliens du Cameroun. Les plus célèbres dont les noms ressortent des archives de l’école Centrale de Paris sont : Justin Ndioro et Thomas Dakayi Kamga, tous deux anciens membres du gouvernement. L’histoire ne dit pas s’ils sont célèbres parce qu’ils ont réussi dans l’administration de leur pays ou célèbres parce qu’ils étaient parmi les plus brillants de leur promotion. Le premier, Justin Ndioro, a eu un parcours professionnel sans faute et s’est presque tué à la tâche au service du Prince. Quant à Thomas Dakayi Kamga, lui aussi décline un parcours professionnel époustouflant. Mais, il doit désormais se faire petit pour ne pas être repéré par le fameux « Epervier », pour passage à la tête de la défunte Camair. Non pas qu’il se reproche quelque chose ou qu’il soit déjà dans l’œil du cyclone, mais parce ce que comme on a l’habitude de dire au Cameroun, « on ne sait jamais ».

Mais le malheur qui arrive à Célestin Ndonga - qui n’est d’ailleurs qu’un épiphénomène, une virgule dans l’immense pièce mélodramatique que jouent et chantent désormais les anciens gestionnaires de la fortune publique au Cameroun - nous permet plutôt de nous interroger sur le sort qui est souvent celui des diplômés de certaines grandes écoles, en France ou ailleurs en occident, une fois revenus servir le pays. Ceci, parce que, tout compte fait, le fait de présenter quelqu’un comme polytechnicien, HEC, centralien ou Saint Cyrien a toujours été appréhendé par l’assistance comme une marque de prestige et les concernés en tirent très souvent une singulière respectabilité. Avec une pointe d’admiration pour ceux qui ont réussi à faire un parcours prestigieux et avec des regrets pour ceux qui n’ont pas pu tirer leur épingle du jeu. On entend souvent dire : « Et pourtant il avait tout pour réussir ! ».

Nous prendrons juste un échantillon, certainement pas représentatif, des diplômés de quelques grandes écoles réputées dans les pays occidentaux et voir comment ils ont eu des fortunes diverses et nous interroger sur le pourquoi de ces fortunes diverses :
- Les Polytechniciens : le général de corps d’armée Nganso Sunji Jean, actuel inspecteur général des armées; l’honorable Jean Jacques Ekindi, entrepreneur infortuné, homme politique et actuellement député à l’Assemblée nationale ; André Siaka, directeur général des Brasseries du Cameroun et ancien patron des patrons du Cameroun ; Christian Penda Ekoka, consultant; Alphonse Siyam Siwe, ancien ministre récemment condamné à la prison à vie pour détournement de fonds publics.
- Les HEC : Elisabeth Tankeu, ancien ministre et actuellement commissaire à l’union africaine ; Jean Pascal Zoleko, ancien entrepreneur infortuné à la retraite ; Célestin Bedzigui, ancien dirigeant infortuné de sociétés et homme politique à la tourmente, actuellement exilé aux Etats Unis.- Les Saint Cyriens : le général d’armée Pierre Sémengue, contrôleur général des armées, longtemps, l’unique général de l’armée camerounaise ; le colonel Edouard Etonde Ekoto, très redouté sous Ahidjo et mis à la retraite anticipée, démystifié sous Biya et actuellement pensionnaire à la prison centrale de Douala pour détournement de fonds publics ; le général de division Meka René Claude, actuel chef d’état major des armées ; les généraux de division Jean René Youmba, et Philippe Mpay ; le général de brigade Tchemo Hector Marie ; le capitaine Waffo Robert, bloqué au grade de capitaine jusqu’à son décès, pour insolence notoire.

- Les centraliens : Jean David Bilé, ancien patron de Aes Sonel ; Emmanuel Bityéki, ancien pensionnaire de la prison politique de Tcholliré pour distribution de tracts sous Ahidjo et néanmoins inventeur des fondements mathématiques du football ; l’honorable Christophe Eken, député à l’Assemblée nationale et actuel président de la chambre de commerce.

Qu’ils aient été dans la fonction publique, le secteur privé ou qu’il aient voulu tout simplement se mettre à leur propre compte, certains de ceux que nous nommerons sous le vocable générique de centraliens ont eu très peu de fortune lorsqu’ils ont voulu se déployer dans le secteur privé notamment en créant des sociétés. Le cas de Jean Jacques Ekindi est à ce titre édifiant. D’autres, intégrés aussi bien dans l’administration publique que dans les entreprises privées ont eu maille à partir avec le système qui souvent n’a pas manqué de les broyer. C’est justement le cas de Célestin Ndonga contre qui les récriminations du conseil d’administration sont édifiantes.

Péchés mignons
Dans une de ses résolutions, le conseil d’administration, qui a certainement été fatal à Célestin Ndonga, relevait ce qu’elle considérait alors comme des manquements de la direction générale et décide de la « suspension de certains pouvoirs du Directeur Général par la limitation de sa capacité à engager financièrement la société, notamment à travers l’instauration d’une double signature de tous les actes à caractère financier ». Et pour parer à toute éventualité, le conseil d’administration « a désigné l’administrateur représentant la tutelle financière comme co-signataire ». Pour justifier ce désaveu doublé de suspicion, le conseil d’administration soutient que « la Direction Générale fait preuve de dispersion dans l’exécution des missions de la société ; que l’action de la Direction Générale est caractérisée par de graves lacunes dans la compréhension et la mise en œuvre des procédures prévues par la réglementation en vigueur dans les entreprises du secteur public et para-public au Cameroun ; que la gestion financière de la société par la Direction Générale est peu conforme aux règles, normes et procédures généralement admises et prévues par la réglementation en vigueur ».Un tel coup de semonce porté à un gestionnaire de la fortune publique serait passé totalement inaperçu si le mis en cause ne se présentait pas sous le vocable prestigieux de centralien.

Comment donc comprendre que des gens qui ont été formé pour gérer aussi bien les hommes que les biens se voit sanctionné pour des fautes aussi élémentaires ? Où donc trouver le ver ? Dans le fruit ou sous la langue de celui qui consomme le fruit ? Autrement dit, les produits sortis des grandes et prestigieuses écoles des pays occidentaux sont-ils inadaptés pour les pays en voie de développement comme les nôtres ?

Le cas de Célestin Ndonga nous permet plutôt de nous interroger sur l’apport des centraliens mais aussi de tous ceux sortis d’autres écoles prestigieuses telles Polytechnique, Saint-Cyr et autres, à la promotion du développement du développement en Afrique. Autrement dit, l’environnement et le système en cours dans les pays africains sont-ils propices à l’appropriation du savoir dont sont détenteurs les centraliens ? Faut-il au centralien, une sorte de tropicalisation de son savoir pour mieux le mettre au service de son pays ? Au regard de ce qui arrive à Célestin Ndonga et à tous les autres « centraliens » qui ont échoué, nous pouvons nous interroger sur l’utilité des réseaux presque sectaires mis sur pieds par ces écoles et auxquels appartiennent les anciens lauréats.

Au Cameroun et dans la plupart des pays africains, « centralien » renvoie aux lauréats de la prestigieuse école de la rue Grande Voie Vignes à Châtenay Malabry au sud de Paris. Mais parfois, tous ceux qui ont décroché un diplôme d’ingénieur dans quelque école de France ou d’ailleurs en occident, peuvent aussi se présenter sous ce vocable pour profiter du prestige y afférent. Créée en 1829 par 4 personnalités ouvertes au développement de la science industrielle, l’Ecole centrale de Paris qui a ouvert une annexe à Pékin en 2005, a formé des ingénieurs de renom tels : Eiffel, Peugeot, Schlumberger, Blériot… La devise de cette école est : « sens de l’innovation, esprit d’entreprise, compétence de gestionnaire ». C’est dire si en lisant l’article du journal Mutations, les dirigeants de l’Ecole Centrale serait très gênés de voir un de leur produit pris dans les filets de la gestion d’entreprise, ce pourquoi ils sont d’ailleurs formés.

Et pourtant
Célestin Ndonga dont il est question ici a eu un parcours professionnel plutôt brillant jusqu’à ce qu’il se prenne le pied dans cette affaire de mal gouvernance présumée à la tête d’une société d’Etat. Pendant 15 ans, il a été directeur de l’industrie avant d’être nommé conseiller technique du ministre de l’industrie des mines et du développement technologique. Finalement, ce qui devait être pour lui un couronnement d’une carrière bien conduite, à savoir sa nomination à la tête de Electricité du Cameroun, s’avère être le révélateur des tares peut-être dissimulées.

Lorsqu’ils reviennent au pays auréolé de leur parchemin de centralien, les produits de l’école de Châtenay Malabry, et d’autres écoles de même calibre, intègrent un système et c’est à ce niveau que tout se joue. Ils retrouvent parfois leurs anciens camarades de classe qui n’ont pas pu aller aussi loin qu’eux mais qui du fait de l’ancienneté dans le système occupent déjà des positions parfois stratégiques. Ils retrouvent aussi les lauréats de ces grandes écoles qui les ont précédé au pays. Dans tous les deux cas, ceux qu’ils retrouvent ont de l’avantage sur eux du fait de la connaissance du système tel qu’il fonctionne. Soit il cherche à s’imposer au système en voulant le changer et il sera broyé par ce dernier avec l’aide des deux catégories de personnes citées plus haut, soit il obéit au système et alors, il pourra tirer son épingle du jeu. Toute la problématique de la réussite ou de l’échec des centraliens repose sur ce choix initial. Il lui revient de mettre son intelligence à profit pour explorer le système et apprendre à lui obéir.

Le système en questions
Le système est cet agencement de toutes les pratiques individuelles qui dans une société permet aux diverses parties d’un tout de s’imbriquer harmonieusement. Ceci est bien sûr une définition du système tel que nous le rêvons. Un système des comportements vertueux tel qu’il doit fonctionner pour produire la société idéale. Le système, peut aussi être une sorte de monstre généré par les conduites perverses des hommes. Cet autre système, imbibé généralement de ce que Paul Biya a l’habitude de qualifier d’inertie, contribue plutôt à bloquer le vrai système de promotion du développement et de l’épanouissement de l’espèce humaine.

Ce système pervers est très souvent le paravent derrière lequel certains dirigeants se cachent dans les sociétés modernes pour régler leurs comptes à leurs adversaires. Ainsi dira t-on d’une personne prise dans les filets de la justice et embastillée par exemple qu’elle est victime du système. Ce système est par essence complexe, inextricable, parfois incontrôlable, toujours insaisissable. Le système ne saurait être réduit à une personne ou à un groupe de personne. Même si parfois, il a des personnes plus ou moins zélées à son service. Toute personne qui prétend contrôler le système de bout en bout est dans l’illusion. Comme l’affirme Roland Cayrol à propos du système politique et médiatique, « le fonctionnement du système politique ou médiatique dépasse les individus et fait souvent d’eux les acteurs d’une pièce qu’ils n’ont pas souhaité écrire de cette manière ».

Le système est l'un des supports sur lequel repose le politique. C'est un peu la fondation sur laquelle il est bâti. Or, comme on le sait, la pratique politique n'est jamais un long fleuve tranquille. "Elle n'est pas seulement un constant procès où les sentences tranchées se succèdent, c'est une lutte, un jeu de forces concurrentes et souvent opposées". Au-delà du fait qu'il est institué par les hommes dans leur volonté d'administrer la cité, un système finit par devenir une entité vivante presque autonome. Ainsi, comme l'affirme Alain Lancelot, "chaque système a ses conceptions de l'avenir de la société. Il propose certaines fins à l'action publique et précise par quels moyens elles doivent être recherchées".

Dans un pays comme la France, le système est déjà très complexe. Il l’est davantage dans les pays de la post colonie où le système néo-colonial subsistant, forme avec le système local un cocktail parfois explosif. Ces systèmes s'alimentent le plus souvent des savoirs de croyances : "chaque système propose une explication des faits du présent mais par un curieux aveuglement, il retient seulement de la réalité, ce qui confirme ses thèses. Il paraît choisir les victimes qu'il faut secourir et les événements dont il faut s'indigner. Ces croyances sont nourries d'expériences et on ne peut pas avoir raison contre l'histoire".

Selon les cas, le système peut privilégier l’excellence ou la médiocrité. Mais en général, les systèmes, aussi bien en Afrique que dans les pays comme la France, se méfient des grandes intelligences et ont tendance à les briser pour les faire rentrer dans les rangs. Pour s’en rendre compte, il suffit de recenser sur une période donnée les majors des promotions des écoles de formation les plus prestigieuses et les suivre le long de leur carrière. La même expérience peut être menée par rapport aux derniers des promotions. En prenant uniquement le cas de la France, on peut constater comment Alain Juppé dont Jacques Chirac disait que « c’est le meilleur de nous tous », mène plutôt une carrière en dent de scie. Ou encore Laurent Fabius sur lequel Mitterrand avait tant misé. Au Cameroun, nous pouvons citer le cas de Frédéric Godwe, jeune polytechnicien diplômé de l’école de Yaoundé à 20 ans et présenté comme "le meilleur parmi les meilleurs de cette école". Nommé directeur général de la Sotuc au début des années 1980, à 23 ans, il a eu une fin de vie dramatique.

Dompter le système ou lui obéir
Le jeune cadre qui intègre la vie professionnelle ou bien le cadre issu de la diaspora qui arrive au pays, doit prendre le temps de savoir quelles sont les options du système mis en place : l'action ou l'inaction. Car, comme le souligne Alain Lancelot, "la portée politique de l'inaction peut être considérable et certains gouvernements ne sont connus que pour leur immobilisme : ils ont choisi le statu quo contre les sollicitations opposées de l'action et de la réaction". C'est seulement lorsqu'il aura analysé la nature du système que le cadre réellement intelligent doit définir sa propre stratégie de collaboration avec ce système. Face au système, il peut choisir d'adopter la sagesse du proverbe peul : "si la terre tourne, tourne avec elle". Il peut aussi choisir de ne pas tourner avec la terre, de se poser des questions sur cette terre qui tourne ou même tenter de l'arrêter de tourner.

Dans une société très politisée comme c’est le cas dans la plupart des pays francophones, le système est très hostile à l’intelligence pétillante. Ceci parce que c'est le profil politique du postulant qui est privilégié et mis en avant. Or, la pratique politique est le métier qui requiert le moins d’intelligence possible. Comme le disait Churchill, « faire la politique, c’est plus facile que faire cuire une omelette ». Au Cameroun sous Ahidjo, pour disqualifier ces genres d’intelligences, le régime les qualifiait de marxisants. Ainsi me disait Moussa yaya à propos de Victor Kanga : « il était intelligent mais un peu marxisant ». Une façon de les mettre au banc de la société et de les livrer au système dans ce qu’il a de plus meurtrier. Pour assurer la reproduction du système, il est procédé à la promotion, si ce n’est de la médiocrité, mais des intelligences très moyennes. Celles qui ne poseront pas trop de questions, qui n’auront pas une approche trop intelligible de la gestion des affaires mais se contenteront de reproduire à l’identique des faits et gestes de leurs devanciers et à se laisser conduire par le système. Dans un tel système, comme le dit si joliment Charly Gabriel Mbock, "on ne se soutient pas, on se tient".

Mais cette prudence a son revers. Dans la majorité de ces pays fonctionne aujourd’hui un système fou que plus personne n’arrive à dompter, à contrôler. Ceci parce que, comme des virus, les travers du système ont tellement muté au point de devenir résistant à tout traitement. Dans sa phase la plus achevée, tout système qui se referme sur lui même, est comparable à une révolution trahie. C’est à dire celle qui se nourrit de ses fils. Il commence d’abord par broyer ceux qui lui sont réfractaires. Pendant ce temps, ceux qui croient le contrôler exultent, jusqu’au jour où eux-mêmes sont atteints et broyés. Ce système là génère aussi un pouvoir fragmenté. En fait, on parlerait mieux des pouvoirs lorsque chaque responsable croit détenir ou détient effectivement une parcelle de ce pouvoir et le gère à sa guise en se prenant pour le chef suprême. C’est ce qui fait dire que le Cameroun est un pays de 15 millions de présidents de la République. Regardez autour de vous et vous constaterez que chaque Camerounais d’un certain âge est au moins président de quelque chose : une association familiale ou amicale par exemple.

Au moment où on parle de plus en plus d’une ouverture du pays aux cadres de la diaspora. Au moment où au sein de la diaspora, l’impatience se fait ressentir chez les potentiels candidats au retour, un effort d’adéquation entre les pratiques propres du pays et la norme internationale est absolument nécessaire. Si le pays veut réellement acquérir la plus value dont se prévalent les cadres de la diaspora, c’est à dire ceux qui ont acquis d’autres attitudes et se sont laissés mouler dans d’autres systèmes, il est impérieux de mener une profonde réflexion pour voir dans quelle mesure il faudra parvenir à une intégration optimale des ressources humaines de la diaspora dans le système sans que ceux ci se fassent broyer mais plutôt qu’il se laisse renouveler. Là est peut-être toute la problématique de la contribution de la diaspora au développement du Cameroun.
ICICEMAC, Etienne de Tayo, Promoteur « Afrique Intègre »http://www.edetayo.blogspot.com/

Incendie d'un bateau pétrolier au large du Cameroun


DRAME EN MER


Un bateau pétrolier battant pavillon ghanéen en provenance du Nigeria s'est échoué dans la nuit de mercredi à jeudi au large du Cameroun voisin où il a pris feu, a appris l'AFP jeudi après-midi auprès de la gendarmerie camerounaise, qui n'a trouvé sur place "aucun corps".
Le bateau s'est "échoué au large de Debunscha", à une trentaine de kilomètres de Limbé (sud-ouest) pour des raisons encore indéterminées, a expliqué l'adjudant-chef Elie Mbape, commandant de la brigade de gendarmerie d'Idenau (sud-ouest). Il a "commencé à brûler aussitôt", a-t-il ajouté.
L'incendie n'était toujours pas éteint jeudi en début d'après-midi "et aucun corps n'a été retrouvé" par les forces de sécurité camerounaises (gendarmerie, police et marine) dépêchées sur place, a-t-il précisé.
Selon lui, le capitaine du bateau était un Ghanéen, "le manifeste du navire indique qu'il a fait une livraison de 14.000 litres de carburant avant l'accident". Aucun détail supplémentaire n'a été fourni sur cette livraison.
Selon l'adjudant-chef, les causes de l'accident ne sont pas encore connues et "aucune piste n'est à exclure", même pas celle "d'une attaque pirate".
C'est désormais l'armée qui dirige les opérations autour du bateau.
On ignorait toujours jeudi à 15h00 GMT s'il y avait des personnes à bord ou si le bateau transportait du carburant.
AFP

Les mains sales d'un régime qui joue contre son peuple



Paul Biya ressuscite l’affaire Me Mbobda


Cinq policiers ont été sanctionnés parmi eux, l’assassin de l’avocat abattu en 1990. Le gardien de la paix principal Emadion Louis fait partie des cinq policiers révoqués les 28 et 29 septembre dernier par arrêté du président de la République, arrêté signé du secrétaire général de la présidence de la République, ministre d’Etat Laurent Esso «pour le président de la République et par délégation de signature». D’ailleurs, Louis Emadion est le seul gardien de la paix et, contrairement aux quatre autres (commissaire, inspecteur de police principal et inspecteurs de police de premier grade), son motif est iniqué : meurtre. En effet, le gardien de la paix principal Emadion Louis «est, à compter du 13 septembre 1990, révoqué d’office des cadres de la Sûreté nationale pour condamnation à une peine d’emprisonnement ferme pour meurtre».

L’on s’en souvient, dans la nuit du 4 au 5 avril 1990, vers 2h du matin, l’irréparable survient au quartier Kouogouo à Bafoussam. Un homme couché sur le capot d’une voiture blanche qui a dérapé en marche arrière pour échouer, au-delà des caniveaux, sur la clôture d’une maison en construction : Me Mbobda, 36 ans. Celui qui est présenté comme son assassin est Louis Emadion, gardien de la paix en service au Groupement mobile d’intervention (Gmi) à Bafoussam. Le procès dans cette affaire est ouvert en novembre 1990. Il faisait partie d’une patrouille de huit hommes appartenant au Gmi.

A l’époque, l’actuel ministre délégué à la présidence de la République en charge du contrôle supérieur de l’Etat, David Siegfried Etame Massoma était le gouverneur de la province de l’Ouest. En instance, Louis Emadion écope d’une prison à vie. Par la suite, il demandera pardon et sollicitera une grâce présidentielle. Le procès s’enlise, jusqu’au moment où l’opinion est informée que le flic-western a été transféré à Nkongsamba. Selon des témoignages, le flic assassin se défendait toujours devant la barre en prétendant qu’il avait reçu des ordres de la hiérarchie.

Les textes de la semaine dernière concernent également le commissaire de police Nlend Etienne, pour condamnation à une peine d’emprisonnement ferme pour recel aggravé et recel de malfrats. Subissent le même sort, l’inspecteur de police principal Zogo Nyagono ainsi que les inspecteurs de police de premier grade Dong à Kiyeck Martin et Ndi Amvouna Hubert pour les mêmes motifs. La décision rendue publique en début de semaine dernière et diffusée seulement hier sanctionne les faits qui précèdent le 21 février 2002. Justin Blaise AkonoTué sur ordre de M. «en haut».

Le film commence par une séquence plutôt emballée. Il fait nuit. Un car Toyota Hiace de couleur bleue pétrole dévale une pente à petite allure. Peu avant d’amorcer une vallée, le chauffeur donne un coup de volant sur la gauche. Il freine trois mètres environ devant une Nissan Laurel de couleur blanche. La lumière crue des phares du mini bus inonde la voiture d’en face. Aussitôt, un des occupants (ils sont huit), n’attend pas l’arrêt complet du véhicule, bondit de son siège arrière, enjambe deux compères, franchit la portière coulissante demeurée béante et saute à terre. Dans la seconde qui suivait, deux coups de feu claquent dans la nuit froide de Bafoussam. Il est alors deux heures du matin. Les autres occupants descendent ensuite du car, retirent le corps inanimé de la voiture ensanglantée et le jettent sans ménagement dans leur car. A l’intérieur de la voiture de la victime, se trouve une jeune fille qui ne comprend rien de ce qui se passe; elle est vivante. La Hiacce redémarre et disparaît dans l’obscurité. Ainsi serait mort un homme de loi, dans cette nuit du 4 au 5 avril 1990. Cette nuit, l’hôpital provincial de la ville grouille de monde. L’activité y est suspecte. Les personnalités de la ville sont tirées de leur sommeil. Il y a dans un coin Siegfried Etamé Masoma, le gouverneur de la province de l’Ouest; il est entouré pour la circonstance du préfet de la Mifi et du Commandant du Groupement d’intervention de la police (Gmi), du commandant de la gendarmerie, du commissaire de sécurité publique de la ville. Murmures. Toussotements. Leur aparté est de temps à autre interrompu par le grésillement du talkie-walkie. Les visages sont fermés.On a du mal à comprendre que Me Mbobda, avocat, venait d’être assassiné dans des conditions dignes d’un film de Hollywood. Le corps de Me Mbobda est sorti nuitamment de la morgue et ramené au quartier Kouogouo; c’est là que les réveille tôt découvriront, tel un desperado, un homme couché sur le capot d’une voiture blanche qui a dérapé en marche arrière pour aller s’échouer au-delà du caniveau, sur la clôture d’une maison en construction. Tout dans cette affaire confine du flou. Du mobile de l’assassinat au procès, en passant par l’instruction, les manœuvres dilatoires et les actes d’intimidation. Un flic a buté un avocat. On sait comment, mais on refuse de lui faire dire pourquoi. Et pourtant…
Félix C. Ebolé Bola, Mutations, (Extraits des Cahiers de Mutations No 001 du 31octobre 1996)

Procès d'un voleur du régime RDPC


FORJINDAM promet d’apporter les preuves de son innocence devant la Cour d’appel



Le procès sur les exceptions soulevées par les avocats de l’ex directeur général du chantier naval connaitra son verdict le 14 octobre prochain.

"Monsieur le juge, vous avez affaire à un innocent. Nous avons la possibilité de le vérifier. Je n’ai pas peur d’aller au fond de cette affaire". Déclaration de Zacchaeus Mungwe Forjindam hier mercredi 7 octobre devant la cour d’appel du Littoral. L’ex directeur général du Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic) a révélé que le Cnic est aujourd’hui en « état de délabrement total ». Pourtant, durant les vingt années qu’il a passées à la tête de cette société, son budget a toujours connu la croissance. Comment peut-on lui reprocher sa gestion dans ces conditions ? S’est interrogé Forjindam qui se dit « victime d’un système savamment orchestré ».
En 2006, Charles Kooh 2, commissaire aux comptes, réalise un contrôle au Chantier naval et industriel du Cameroun. Le 22 septembre 2007, il présente le rapport de son contrôle à l’Assemblée générale réunie. Forjindam affirme qu’il a écrit une lettre au chef de l’Etat, pour solliciter une contre expertise. A la suite de sa demande, des émissaires de la présidence de la République déposent leurs valises au Cnic, dans le cadre d’une «mission spéciale ». Contre toute attente, ils se sont référés plutôt au rapport présenté par le commissaire aux comptes Charles Kooh 2 et le rapport produit par la Société nationale des hydrocarbures (Snh). Forjindam a présenté cette version de faits avant de conclure que « Le commissaire aux comptes s’est réfugié derrière une entreprise fantôme qui n’existe plus depuis vingt ans, pour formuler ses dénonciations ». Ses avocats quant à eux, ont fait observer à la cour que la mission de la présidence étant investie de pouvoirs spéciaux, avait la latitude de saisir le Conseil de discipline budgétaire et financière (Cdbf) si elle venait à constater quelque irrégularité dans la gestion de Forjindam. Or aucune action de saisine n’a été engagée dans ce sens par cette mission spéciale de contrôle, selon le constat fait par la défense. Preuve, à en croire cette dernière, que la mission n’avait rien à reprocher à leur client. Il est reproché à Forjindam et huit coaccusés d’avoir détourné près d’un milliard de francs Cfa. En août dernier, les avocats de Forjindam avaient demandé au tribunal de grande instance du Wouri de requalifier ces faits reprochés à leur client et de déclarer la procédure nulle. Le 19 août 2009, le tribunal de grande instance du Wouri avait rejeté en bloc ces deux exceptions comme non fondées.
Hier, le procureur général a demandé à la cour de confirmer le verdict du Tgi. La cause a été mise en délibéré pour le 14 octobre prochain.
Le jour, Théodore Tchopa

Expulsion musclée


Pierre Kwemo détenu au groupement territorial de gendarmerie du MFOUNDI

Le propriétaire du CESAR PALACE a été interpelle alors qu’il tentait d’empêcher l’expulsion de ses effets gardes dans des magasins en face de son night club.
"On vous a payés pour venir me casser", crie Pierre Kwemo, tandis que des gendarmes le conduisent tant bien que mal vers l’une de leurs voitures. Pierre Kwemo a été arrêté hier, 7 septembre 2009, à la suite d’un échange de coups entre les gendarmes et lui. Il tentait ainsi d’empêcher un huissier de justice de mettre ses effets hors des magasins qu’il a construits en face du César palace de Yaoundé.
Il est environ 10h30 hier, 7 septembre, lorsque trois voitures pleines de gendarmes se garent en face du lieu dit « ancien Capitole ». Ils créent aussitôt une ceinture de sécurité et empêchent les curieux de s’approcher de trop près de l’endroit qui servait autrefois de parking aux clients du César palace.
Pendant ce temps, quelques gros bras commencent l’expulsion des effets qui s’y trouvent. Sous l’œil vigilant d’un huissier de justice venant de l’étude de Me Thomas Biyik, ils font sortir trois voitures rouges de marque Daimler dont les pneus sont dégonflés. A l’aide d’un pied de biche, ils ouvrent ensuite les portes des magasins construits à côté du garage. Au fur et à mesure qu’on les vide, apparaissent des projecteurs, des matelas, des coffres et des machines à sous. C’est pendant le vidage du deuxième magasin que Pierre Kwemo arrive. Il y entre et interpelle immédiatement ses employés. « Mettez- moi ces gens dehors », crie-t-il. Face à l’immobilité de ceux-là, Pierre Kwemo décide de mettre lui-même les agents d’exécution hors du magasin : ce qui amène les gendarmes à s’interposer. Bomba Yene, commandant du groupement territorial de gendarmerie du Mfoundi, intervient alors en montrant une réquisition à force publique signée le 2 septembre 2009 par le préfet du Mfoundi, Joseph Beti Assomo. On peut y lire « … Requérons en vertu de la loi : le chef d’escadron commandant le groupement de gendarmerie territoriale de Yaoundé ; (…), pour l’exécution de la décision de justice N°43/com du 22 décembre 2005 du tribunal de première instance de Yaoundé centre-administratif susmentionnée, ordonnant l’expulsion tant de corps, de biens que de tous occupants du local appartenant aux Ets Monkam… ».

Pierre Kwemo brandit à son tour la photocopie d’un document daté du 19 août 2009. Selon ses propos, ce document signé du procureur de la République, l’ « autorise à continuer à occuper les lieux ». Le document demande notamment au responsable des Ets Monkam de libérer l’accès aux lieux «qu’il continue à louer et à exploiter jusqu’à ce qu’une décision de justice en dispose autrement». Quelques gendarmes interviennent alors pour tenter de le maîtriser et de le mettre dehors. Pierre Kwemo qui ne l’entend pas de cette oreille se débat violemment et il s’en suit un échange de coups de poings et de matraques. Il est difficile de dire qui a donné le premier coup, mais toujours est-il qu’il a fallu six gendarmes pour réussir à maîtriser Pierre Kwemo. Pierre Kwemo a été conduit au groupement de gendarmerie territoriale du Mfoundi où il se trouvait encore au moment où nous allions sous presse. Bomba Yene, le commandant dudit groupement, dit s’appuyer sur la réquisition du préfet sur laquelle on peut lire : « Ordonnons l’interpellation et le déferrement par devant le procureur de la République de tout contrevenant à l’exécution de la présente réquisition ». Pierre Kwemo, lui, ne comprend pas l’intervention du préfet dans cette affaire qui est déjà en justice.L’expulsion s’est tout de même poursuivie après l’arrestation de Pierre Kwemo. Vers 12h30 une pelleteuse est arrivée sur les lieux et a commencé à enlever ce qui n’a pas pu l’être manuellement. Les différents objets qui s’y trouvaient ont été laissés à l’extérieur du terrain querellé.
Le Jour, Anne Mireille Nzouankeu
Rappel: Le conflit dure depuis décembre 2005
Au départ, une affaire de loyer entre M. Monkam et M. Kwemo.L’expulsion des effets de Pierre Kwemo le 7 septembre 2009, fait suite à une décision du Tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif, rendue le 22 décembre 2005. Selon la plainte déposée par M. Monkam, représentant les Ets Monkam S.A, il ressort qu’à la date du 20 décembre 1998, Pierre Kwemo a loué un espace de 2000 m2 appartenant aux Ets Monkam, pour un bail mensuel de 100.000 Fcfa. Après la première année, Pierre Kwemo n’a plus payé de loyer, accumulant ainsi 49 mois impayés, soit un total de 4.900.000 Fcfa. Suite à une mise en demeure servie par voie d’huissier le 23 juillet 2004, « ce dernier a payé 10 mois de loyer, ce qui réduit à 39 mois les arriérés de loyer, restant encore à payer, soit 3.900.000 Fcfa, compte non tenu des six mois échus et dus depuis lors », peut-on lire dans une « copie grosse » du jugement N° 43/com du 22 décembre 2005. Après avoir prononcé la résiliation du bail unissant les Ets Monkam à Pierre Kwemo représentant la société Socadic, le Tpi « ordonne l’expulsion de ces derniers tant de corps, de biens que de tous occupants de leur chef, du local loué appartenant aux Ets Monkam ». Réagissant à la décision du Tpi, Pierre Kwemo a saisi la cour d’appel du Centre. Au cours de l’audience en appel du 10 janvier 2007, l’ancien député a parlé de «contradictions flagrantes », déclarant au passage que la procédure dudit jugement lui a été dissimulée. Le 20 février 2006, Me Raphaël Ebodé, huissier de justice, somme Pierre Kwemo de « libérer et laisser libre tant de corps, de biens que de tous occupants de son chef, l’immeuble du requérant qu’il occupe désormais sans droit ni titre ». Entre temps, M. Kwemo verse la somme de 6.400.000 Fcfa aux Ets Monkam le 31 juillet 2006. Il s’agit de l’aboutissement d’un protocole d’accord signé 6 juillet pour résoudre le litige à l’amiable.
Malgré ce protocole d’accord, la procédure continue. Le 1er septembre 2009, une tentative d’expulsion de M. Kwemo échoue. Dans le procès verbal dressé par Me Thomas Biyik, on peut lire : « … sieur Kwemo Pierre qu’accompagnait une foule de délinquants armés de gourdins et de machettes s’est opposé à l’exécution de l’Arrêt ». Me Biyik demande à se « faire assister par la force publique ». C’est ainsi que le préfet signe le 2 septembre 2009 une réquisition à force publique demandant au commandant du groupement de gendarmerie territoriale de Yaoundé et au Commissaire central N°1 de la ville de Yaoundé de « prêter main forte en usant au besoin, de la contrainte sans usage d’armes, à Me Biyik, huissier de justice à Yaoundé, pour l’exécution de la décision de justice N°43/com du 22 décembre 2005 ». Le 3 septembre 2009, Me Biyik a servi une autre sommation à Pierre Kwemo de libérer les lieux sous 24h. Ce qu’il n’a pas fait, s’appuyant sur la note du procureur de la République du 19 août dernier. D’où l’expulsion forcée d’hier.
Le jour