La liberté, rien que la liberté

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mardi 28 décembre 2010

Cameroun : La police de Paul BIYA viole les droits de l’homme




Voici comment la police de Paul BIYA viole les libertés




Le jeudi 23 décembre 2010, la police répressive de Monsieur Paul BIYA a réprimé dans le sang un rassemblement des partis politiques et de la société civile en faveur du soutien au Président élu de la Côte d’ivoire Monsieur Laurent GBAGBO.

Cette violation des droits et libertés des citoyens par le régime dictatorial de Paul BIYA doit être dénoncée. Le régime politique en place au Cameroun a pris l’habitude de violer les droits de l’homme et les libertés fondamentales. Cette fois, ils ont franchi un pas supplémentaire, en agressant le siège d’un parti politique.

Le Président de la République, Paul BIYA, doit être tenu pour responsable du sang des camerounais versé par ses forces de sécurité au siège d’un parti politique. Des procédures judiciaires doivent être engagées afin qu’il réponde de sa barbarie devant les juridictions compétentes.
© L. P. K. AMOUGOU

dimanche 28 novembre 2010

Cameroun : Yves Michel FOTSO doit mourir, selon les hommes de main du célèbre dictateur de Paul BIYA

Les ennuis d’Yves Michel Fotso laissent pressentir une bataille féroce pour le contrôle de la Cbc, à moins que ce ne soit la Justice qui se mette à ses trousses


Les ennuis d’Yves Michel Fotso commencent au moment où les négociations étaient très avancées avec certains partenaires étrangers en vue de la recapitalisation de la Cbc. Plusieurs observateurs pensent d’ailleurs que la guerre qui oppose Yves Michel Fotso à l’administration a deux enjeux principaux : la nécessité de faire la lumière sur les 7,5 milliards de francs qui auraient été détournés dans le cadre de l’achat de l’avion présidentiel « affaire albatros » et le contrôle de la Cbc. Les deux hypothèses sont envisageables.

Les partisans de la première hypothèse font remarquer que le retrait du passeport de l’ex-Adg de la Camair intervient à quelques jours seulement de la reprise du procès de l’affaire Albatros, c’est-à-dire le jeudi 18 novembre 2010. Il ne fallait donc pas laisser sortir « Yves Michel Fotso sortir au risque de le voir ne plus revenir au pays alors que le procès est déjà ouvert ». La preuve, soutiennent-ils, « lors de la dernière audience, on attendait Yves Michel Fotso, Michel Meva’a m’Eboutou et Jean-Marie Assené Nkou au tribunal et ils ne se sont pas présentés ». Faut-il le rappeler, le juge d’instruction Pascal Magnaguémabé chargé de cette affaire avait signé le 05 février 2010, l’ordonnance de renvoi qui demandait l’appel en cause de 15 autres personnes jusque-là non interpellées.
Parmi ces personnes, il y a, outre Yves Michel Fotso, Ephraim Inoni, Marafa Hamidou Yaya, entre autres. En ce qui concerne Yves Michel Fotso, le juge s’était appuyé sur le rapport de l’expert financier commis pour la vérification de l’utilisation des 24,5 milliards de francs Cfa décaissés par la Snh pour l’acquisition de l’avion présidentiel pour le compte de la présidence de la République. Selon cet expert financier, 7,5 millards de francs Cfa seraient retournés au Cameroun via la Cbc pour être repartis entre plusieurs personnalités. « Il est question, poursuit notre source, de mettre la pression sur Yves Michel Fotso afin qu’il nous donne les noms de ces personnalités ». Pour ceux-ci donc, les ordres du retrait du passeport d’Yves Michel Fotso seraient venus soit directement de la Chancellerie, soit du juge d’instruction via la chancellerie. Beaucoup de personnes y voient derrière ce retrait la main d’Edgar Alain Mebe Ngo’o, actuel ministre camerounais de la Défense.

Les partisans de la seconde hypothèse ne manquent pas d’arguments. Pour eux, les choses sont aussi claires. « C’est au moment où Yves Michel Fotso s’apprête à prendre le vol pour aller à Bangui finaliser avec ses partenaires les contrats pour la recapitalisation de la Cbc que ceux qui veulent récupérer cette banque ont actionné leurs réseaux pour l’empêcher de sortir du pays. Les choses sont évidentes pour nous : Essimi Menyé, Amadou Ali et Edgar Alain Mebe Ngo’o sont dans le coup». Et de poursuivre : « Une mafia impliquant notre Minfi et le Sg Cobac voulait vendre la banque de Fotso sous de fallacieux prétextes. Mais celui-ci, soutenu par le Fmi et le chef de l'État camerounais, a apporté trois plans de restructuration imbattable, allant jusqu'à gager même l'ensemble de son patrimoine évalué à des centaines de milliards de FCfa. Dans le même temps, des grands groupes financiers mondiaux affluent pour se dire intéressés d'entrer dans le capital de la banque. Alors qu'il doit se rendre à l'étranger pour finaliser tous les contrats».
Cette hypothèse est d’autant plausible que le 12 décembre 2009, Essimi Menyé avait précipitamment déclaré que la Cbc n’appartenait plus au groupe Fotso. Le 06 décembre 2009, à la Cameroon Radio Television (Crtv), le ministre des Finances avait fait des déclarations laissant transparaître ses véritables intentions : « Dans le cas de la Cbc, on a constaté effectivement qu’il y avait une gestion d’amateur. Le Pdg a raconté partout qu’il était un bon gestionnaire, mais aujourd’hui, nous sommes face à une banque qui a un capital qui n’est pas nul. Le capital de la Cbc est négatif de 21 milliards Fcfa.». De plus, « La Cobac, après plusieurs études, a estimé que la Cbc avait besoin d’un lift-up, d’une remise à niveau de ses fonds propres, puisque je sais qu’il y a besoin de repréciser cela pour que cette banque revive. Sans émotion, il faudrait qu’on lui redonne un peu de sang neuf au niveau de ses financements […] Du côté du gouvernement soucieux de voir un meilleur fonctionnement de nos banques, nous avons reçu les instructions de la haute hiérarchie que le ministère des Finances puisse participer au financement des fonds propres. Dans les prochaines semaines, nous allons mettre à la disposition de cette institution une enveloppe financière pour l’aider à refinancer les fonds propres moyennant un plan de restructuration qui est en préparation […] Nous n’allons pas prendre plus de 20% du capital qui sera à souscrire pour permettre à la banque de reprendre ses activités normales ».

Une chose est certaine, ceux qui veulent s’accaparer de la Cbc ont toujours demandé le départ du Pca Yves Michel Fotso.
Une évidence s’impose en ce qui concerne la seconde hypothèse. Un plan de restructuration qui devrait ramener la sérénité a été soumis, le 25 octobre 2010, à l’appréciation de la Cobac qui, d’après certaines sources, a été séduite. Ce plan de restructuration devrait ramener la sérénité au sein du l’institution et permettre au groupe Fotso de conserver une place prépondérante, à défaut de la direction de la banque. Selon certaines indiscrétions, deux partenaires étrangers, le groupe ivoirien Nsia et de la Qatar Islamic Bank, ont déjà manifesté un intérêt certain. Si les choses se déroulent normalement, autrement dit si ces partenaires entrent dans le capital de la Cbc, alors l’État du Cameroun n’aura plus à débourser un sou pour la remise à flot de la Cbc. Selon des indiscrétions, toutes ces informations ont déjà été portées à la connaissance du chef de l’État.
© Junior Étienne Lantier.

Cameroun : Le dictateur Paul BIYA fait libérer des journalistes




Les compagnons de détention de feu Bibi Ngota libérés



Deux journalistes camerounais incarcérés en mars en même temps que Bibi Ngota, mort en détention, ont été libérés mercredi sur ordre du président Paul Biya.
Fin du cauchemar pour deux journalistes camerounais. Mercredi, Robert Mintya, le directeur du journal Le Devoir, et Serge Sabouang, qui dirige le journal La Nation, ont été libérés.
Inculpés pour « faux et usage de faux » (ils étaient accusés d'avoir imité la signature du secrétaire général de la présidence camerounaise, Laurent Esso), les deux journalistes avaient été écroués en mars dernier à la prison centrale de Yaoundé, en même temps que leur confrère Cyrille-Germain Ngota Ngota dit Bibi Ngota, le patron de Cameroon Express.
Ce dernier est mort pendant sa détention le 22 avril.

Remerciements

« Dès ma libération, je suis allé à l'église dire merci à Dieu », a déclaré Robert Mintya. « Je dis aussi merci au président Biya puisque nous avons appris que c'est lui qui (avait) ordonné notre libération. »
En août et septembre, Robert Mintya avait dû être admis à l'hôpital central de Yaoundé avant d'être transféré à l'hôpital Jamot, spécialisé notamment dans la prise en charge de problèmes psychiatriques.
Le Syndicat national des journalistes du Cameroun a « salué fortement » la libération dans un communiqué. Regrettant « qu’elle intervienne seulement aujourd’hui (mercredi), après une très longue période de détention sans jugement […] quelqu’en soit le mobile réel et/ou conjoncturel ».
L'enquête ouverte sur la mort de Bibi Ngota avait évoqué un décès du fait « d'infections opportunistes » liées au virus du sida entraînant la colère de médecins camerounais et de la famille. Selon eux, il est décédé pour n'avoir pas bénéficié des soins appropriés pour son hypertension et sa hernie.
Le frère de Bibi Ngota accuse en outre la Direction générale de la recherche extérieure de l'avoir torturé en février, ce qu'avait exclu le ministère de la Justice.
© Jeune Afrique avec AFP

samedi 13 novembre 2010

Cameroun : La répression honteuse des hommes de main du dictateur Paul BIYA




L’auteur de "L’Antécode Biya" incarcéré à la prison de New-Bell



Bertrand Téyou a été entendu mercredi dernier par le procureur de la République, qui le poursuit pour diffamation à l’égard de la première dame, Chantal Biya.

L’auteur de l’ouvrage intitulé L’Antécode Biya, Bertrand Téyou, n’a pas bénéficié de clémence, comme par le passé. Selon nos informations, il a été déféré devant le procureur de la République, mercredi dernier.

Celui-ci l’a entendu sur procès-verbal avant de décider de sa mise sous mandat de dépôt. Bertrand Téyou est donc incarcéré, depuis avant-hier, à la prison centrale de Douala. Il est poursuivi pour « manifestation illégale » et « diffamation à l’égard de la première dame du Cameroun », Chantal Biya. Une proche parente de l’auteur, jointe au téléphone hier par le reporter du Jour, a confié que « Bertrand ne se sent pas bien ; il allait très mal ce matin, il a encore ressenti un grand malaise au réveil ». Celle qui se présente comme la « sœur » de l’auteur affirme qu’elle lui a rendu visite hier matin.

Pourtant, le lundi 08 novembre, Bertrand Téyou a été traversé par un maigre espoir au sujet de sa probable libération. « Le commissaire aux renseignements généraux et son homologue du commissariat central m’ont encore interrogé. Le premier m’a assuré que je pouvais être libéré », a affirmé l’auteur depuis sa cellule du commissariat central N° 1 à Bonanjo. Téyou a été interpellé dans la soirée du mercredi 03 novembre 2010 au quartier Bali. Il a été placé en garde-à-vue au commissariat central N°1. Ce jour-là, il avait rendez-vous dans un hôtel de la place avec la presse, à l’occasion de la dédicace de ses deux nouveaux essais intitulés « Sortir de l’impasse » et « Chantal Biya, la belle de la république bananière : de la rue au palais ». La police, sur instruction du préfet du Wouri, Bernard Okalia Bilaï, a signifié à l’auteur l’interdiction de dédicacer des ouvrages jugés subversifs par les pouvoirs publics. L’auteur du brûlot intitulé L’Antécode Biya a confié au Jour que ses enquêteurs l’ont interrogé sur les motivations qui l’ont poussé à écrire cette fois-ci sur Chantal Biya, la première dame du Cameroun. Il leur a répondu que Chantal Biya est une femme publique et que sa trajectoire est un sujet intéressant.

« Lors de mon interpellation, j’étais en possession de deux exemplaires des mes ouvrages récemment parus. Le commissaire central, astucieux, et faisant semblant de les acheter, les a pris et ne me les a plus remis. Au sortir de la cellule, je ferai tout mon possible pour qu’il me restitue mes ouvrages », a assuré l’auteur.
© Le Jour : Théodore Tchopa

mardi 1 juin 2010

Cameroun : La volonté dépravée du régime de Paul BIYA




Les dessous d'une proclamation du bulletin de santé du journaliste Bibi Ngota



Bibi Ngota décédé des suites de VIH, l’abbé Joseph Ndi tué pour ‘’avoir tenté d'abuser’’ un jeune homme, Marthe Moumié violée avant son assassinat, les religieuses de Djoum ayant subi des sévices sexuels avant d'être tuées ; une liaison sexuelle avec une religieuse avait été évoquée pour justifier la disparition tragique du Rv père Angelbert Mveng. Décidément, tous ces décès dont la responsabilité incombe au régime au pouvoir sont pour la plupart entachées de mœurs faciles...

Selon le porte-parole actuel du régime de Paul Biya, le journaliste Bibi Ngota "est décédé des suites d'infections opportunistes dans un contexte où son système immunitaire était complètement effondré". En langage courant, le journaliste avait le Sida et en est mort. Il précisera par ailleurs que le défunt n’avait eu connaissance de son statut sérologique que tardivement après ‘’le dépistage volontaire du VIH-sida proposé à l'intéressé ‘’ en citant le rapport du médecin de la prison centrale de Yaoundé où le journaliste était en détention préventive depuis le mois de février dernier.

Ces propos d’Issa Chiroma Bakary, ministre de la communication démontrent une fois de plus la volonté dépravée d’un régime impitoyablement meurtrier. Deux journalistes sont toujours embastillés dans le cadre de la même affaire. L'ordre viendra sans doute du sommet de l'Etat pour leur libération, et l'on parlera alors de grâce présidentielle...la page sera vite tournée, les résultats des enquêtes requises resteront méconnues et on servira ensuite aux hommes des médias de la République des séminaires de formation sur l'éthique déontologique du 4ème pouvoir. Nous ne reviendrons donc pas sur les multiples questionnements relatifs aux raisons qui ont conduit à la séquestration, aux tortures subies ainsi qu’aux conditions de détention que l’on sait inhumaines dans les geôles camerounaises.

Interrogeons-nous simplement sur la nécessité de divulguer publiquement le statut sérologique du défunt journaliste Bibi Ngota : N’ignore-t-on pas qu’au Cameroun, beaucoup estiment qu’être porteur du Vih –Sida est un opprobre ? N’a-t-on pas présenté le Sida en Afrique comme une conséquence de la prostitution et des pratiques sexuelles immodérées ? Les spots publicitaires en témoignent. Pourquoi le Mincom a-t-il cru bon de déclarer Bibi Ngota séropositif à la face du monde dans un contexte social où les personnes vivant avec le VIH continuent de souffrir de stigmatisation ? C’est à cette interrogation qu’il semble important de s’attarder. Le régime au pouvoir ne fait-il pas ainsi preuve de son désir de bafouer la mémoire de ceux qu’il tue en toute impunité ?

Pratique bien connue
Déshonorer la mémoire d’un défunt est inexorablement un moyen de semer la confusion dans l’opinion publique. Cela n'est point nouveau sous le ciel camerounais. Lorsqu'un matin du mois d'octobre 1988 le journaliste et prêtre, L’abbé Joseph Mbassi est retrouvé mort dans sa chambre, le corps horriblement mutilé et couvert de sang, les caciques du pouvoir vont alimenter une rumeur selon laquelle le défunt entretenait des relations coupables avec l'épouse d'un certain colonel originaire de la région de l'Est. D'où son assassinat. Or, il ne faisait aucun doute selon des sources dignes de foi et proche du clergé, que le prélat, qui avait été nommé membre de la commission pour les Communications Sociales de l'archidiocèse de Yaoundé, avait reçu un dossier sur le trafic d'armes et de drogue qui mettait en cause la famille présidentielle. Un dossier qui entraîna l'assassinat de plusieurs autres personnes en l'occurrence Me Ngongo Ottou et son médecin Essomba Mani Ewondo ainsi que le Père Engelbert Mveng. Ce dernier fut retrouvé mort au matin du 23 avril en 1995. Etranglé, couché dans son lit face au plafond, une profonde blessure à la tête. Pour justifier une fois de plus l'abominable crime, les nourriciers de la rumeur attribuèrent au défunt une relation avec une religieuse qui aurait commandité le meurtre. Or la vérité est toute autre car le regretté prélat Jean Marc Ela, compagnon d'œuvre du Rv Père Engelbert Mveng disait « Biya sait qui a assassiné le Père Mveng et doit le dire aux camerounais. Biya a toutes les preuves, tous les faits pour dire qui a assassiné le Père Mveng ». Cela n'aura donc pas été une coïncidence que le Souverain Pontife Benoît XVI ait interpellé le régime au pouvoir sur les conséquences du trafic d'armes alors qu'il recevait en audience le 16 juin 2008 l'ambassadeur plénipotentiaire du Cameroun près le Saint siège, Antoîne Zanga. Dans son allocution, il en «appelle à toutes les personnes impliquées dans la vente ou dans le trafic d'armes, avec des intérêts souvent très lucratifs, à s’interroger sur ce qu’engendrent leurs comportements».

Tout comme les exemples précités, l'abbé Apolinaire Claude Ndi, curé de Nkol-Tobo (par Awaé), est assassiné à Yaoundé dans la nuit du 20 au 21 avril 2001 à Nkolndongo. Selon les premiers éléments des enquêtes recueillis sur les lieux du drame le 21 avril, le défunt avait été frappé à la nuque. Le rapport d`autopsie ne constatera pas une mort par strangulation comme le laissait entendre le présumé meurtrier qu'exhibèrent aux yeux du public les hommes du Groupement spécial d'opération. Le présumé meurtrier accusait le défunt prélat d'avoir voulu abuser de lui. Après plusieurs mises en scène, amplement diffusées sur la télévision nationale, Robert Romuald Ndoumbè Elimbi avait si aisément et trop bien reconstitué « son meurtre » que la page fut vite tournée.

D'autres cas comme ceux de Marthe Moumié 78 ans, veuve du martyr nationaliste Roland Félix Moumié assassinée dans des circonstances obscures en janvier 2009 après avoir été violée, des sœurs de Djoum Marie Germaine et Marie Léone retrouvées mortes dans une marre de sang au mois d’août 1991 ayant elles aussi subies des sévices sexuels, dénotent des motivations perverses de ceux qui commanditent de tels crimes. Non seulement ils éliminent, ils s'activent aussi à jeter l'opprobre sur leurs victimes oubliant très souvent que «du murmure à la révolte le chemin est long mais il ne fatigue jamais».
© Delphine E. FOUDA

mardi 25 mai 2010

Cameroun : Un meurtre barbare non elucidé au pays de paul BIYA

RÉACTION OFFICIELLE DE LA FAMILLE DJOMO À LA SUITE DU VERDICT RENDU LE 13 AVRIL 2010 DANS L'AFFAIRE DJOMO POKAM

BEAUCOUP DE QUESTIONS, PEU DE RÉPONSES


Mesdames, messieurs,
La famille Djomo prend acte du verdict rendu dans l'affaire Djomo Pokam le mercredi 14 avril 2010 par le TPI du Mfoundi siégeant en matières criminelles et correctionnelles. La famille Djomo est cependant déçue de ce verdict. En effet, le sentiment de la famille Djomo, à l'instar de celui qui se dégage au sein de la population en général, est que justice n'a pas été rendue et que les véritables meurtriers de Djomo pokam courent toujours. ( Le Jour, 26 avril 2010)
Au demeurant, ce verdict suscite encore plusieurs questions qui pour l'instant sont sans réponses.

À PROPOS DU VERDICT DU 14 AVRIL 2010

1. QUI EST CETTE PERSONNE AVEC QUI DJOMO POKAM AVAIT RENDEZ-VOUS AU HILTON LE 21 AOÛT 2006?
«Tabué Fotso, selon le tribunal, attendait la victime et connaissait la personne que ce dernier devait rencontrer à l’hôtel le jour du meurtre.» Extrait du verdict du 14 avril 2010 Qui est cette personne avec qui Djomo Pokam avait rendez-vous? L'identité de la personne avec qui Djomo Pokam avait rendez-vous au Hilton hôtel le 21 août 2006 demeure un mystère.
2. COMMENT TABUÉ FOTSO A-T-IL SODOMISÉ, FLAGELLÉ, REPASSÉ ET DÉFENESTRÉ DJOMO POKAM EN MOINS DE 4 MINUTES ?
«Tabué Fotso toujours d’après le tribunal, a sodomisé sa victime, l’a flagellé, repassé son corps avant de l’éjecter du 8e étage.» Extrait du verdict du 14 avril 2010

Lors de l'audience du 17 février 2009, les images vidéos filmées par les caméras de surveillance de l'hôtel hilton le 21 août 2006 furent projetées. Chrétien Talélo, ( Paix à son âme!il est décédé le 19 janvier 2010), l’expert requis par le tribunal pour décrypter lesdites images affirma qu’il n'a pas fallu plus de quatre minutes pour tuer Djomo Pokam . « (…) A la question du procureur de la République, l'expert Talelo explique en effet qu'entre le moment où Djomo pokam entre dans l'ascenseur et l'heure de sa chute , il s'écoule quatre minutes et deux secondes. ( Quotidien Mutations du 18 février 2009, Le Jour du 18 février 2009 )

Si c'est vrai ce que disent ces images vidéo, la question est la suivante: La famille Djomo se demande s'il est humainement possible que Tabué Fotso identifié par le tribunal comme auteur principal du meurtre, ait sodomisé, flagellé, repassé, tué et défenestré Djomo Pokam en moins de 4 minutes? Si la réponse est oui, comment s'y est-il pris? Si la réponse est non, qui sont donc les vrais meurtriers de Djomo Pokam?

3. POURQUOI DJOMO POKAM A-T-IL ÉTÉ TUÉ AU HILTON HÔTEL LE 21 AOÛT 2006?
Dans le jugement rendu le 14 avril 2010, le tribunal reste silencieux sur le mobile du crime.Pourtant, depuis plus de 1000 jours, une question hante quotidiennement l'esprit de tous les membres de la famille Djomo. Pourquoi Djomo Pokam a-t-il été sauvagement assassiné au Hilton Hôtel dans la matinée du 21 août 2006? Ceux qui l'ont tué devaient lui en vouloir terriblement. Qu'avait-il fait? Que lui voulait-on? Si Djomo Pokam a fait quelque chose de mal pour mériter le sort qui lui a été réservé, pourquoi ne le dit-on pas ?

Par ailleurs, Tabué Fotso et les autres condamnés connaissaient- ils Djomo Pokam? Quel lien y avait-il entre eux? Pourquoi auraient-ils choisi le Hilton Hôtel, leur milieu de travail, un lundi matin, pour tuer Djomo Pokam?
C'est d'autant plus mystérieux que Djomo Pokam ne menait pas une vie dangereuse susceptible de lui créer des problèmes:

· Contrairement à ce qui a été dit le jour de sa mort, Djomo Pokam n'était pas l'employé d'une société sous traitante travaillant à l'hôtel Hilton. (Le Détective numéro 564 du 24 août 2006)
· Diplômé universitaire, plusieurs fois admissible aux concours des grandes écoles et toujours recalé à l'oral, Djomo Pokam avait transformé le salon familial en salle de classe et dispensait des cours privés de mathématiques et de physiques à des élèves des lycées.
· Contrairement à ce qui a été véhiculé après sa mort, Djomo Pokam n'était pas homosexuel. Il ne fréquentait ni les milieux mondains, ni les hôtels. Il ne s'était jamais rendu au Hilton Hôtel avant ce jour fatidique du 21 août 2006. (L'Anecdote numéro 278 du 22 août 2006 )
· Djomo Pokam menait une vie modeste et n'avait même pas de cellulaire. Il répondait à ses appels sur le téléphone cellulaire de sa mère.
Depuis 4 ans, la famille Djomo attendait sereinement que le mobile du crime soit révélé lors du verdict. Il semble malheureusement que cette attente devra continuer.

AU DELÀ DU VERDICT DU 14 AVRIL 2010

4. L’ARCHARNEMENT DU DESTIN, MANOEUVRES D'INTIMIDATIONS ET MENACES DE MORT
Chaque fois que des membres de la famille Djomo ont demandé que justice soit faite dans l'affaire Djomo Pokam, ils ont été intimidés et ont reçu des menaces de mort. Il leur est reproché de faire beaucoup de bruits avec l'affaire Djomo Pokam. Depuis le prononcé du verdict du 14 avril 2010, une énorme pression est maintenue sur les membres de la famille Djomo et leurs proches. C'est d'ailleurs ce qui explique le délai pris pour produire la présente réaction, des membres de la famille Djomo ayant exprimé des préoccupations quant à de possibles représailles. (Le Messager du 19 avril 2010 )

La famille Djomo estime avoir fait preuve de retenue et de patience depuis 2006. Elle se pose la question de savoir si le fait de demander que justice soit faite dans un cas de meurtre crapuleux comme celui de Djomo Pokam est une activité dangereuse. La famille Djomo prévient donc l’opinion publique nationale et internationale de ne pas être surprise si un de ses membres venait à mourir de manière suspecte ou spectaculaire. Elle se demande quel lourd tribut elle paie ainsi avec le sang des siens. En 1991, c'était le père, Djomo David, Maire de Yaoundé 2, tué dans un mystérieux accident de voiture. En 2006, c'était le fils, Djomo Pokam, sauvagement assassiné en plein jour à l'intérieur du Hilton Hôtel de Yaoundé. Qui sera le prochain? Quand et comment l'ennemi frappera-t-il encore? Questions légitimes posées dans la douleur et la colère.

5. L'INTERVENTION DU CHEF DE L'ÉTAT SOLLICITÉE
Le verdict du 14 avril 2010 a fortement ébranlé la confiance de la famille Djomo envers le système judiciaire camerounais. La famille Djomo pense que, pour une raison ou pour une autre, tous les dessous de cette mystérieuse affaire n'ont pas été éclairées. La famille Djomo sollicite respectueusement l’intervention du Chef de l’État afin qu’il instruise que toute la vérité sur l’affaire Djomo Pokam soit rendue publique et que les vrais meurtriers soient enfin condamnés.

6. REMERCIEMENTS, GRATITUDES ET RECONNAISSANCES
La famille Djomo remercie sincèrement tous les organismes et tous ceux qui de près ou de loin la soutiennent moralement dans cette dure épreuve. Elle renouvelle sa reconnaissance envers toutes les bonne volontés qui oeuvrent à tous les niveaux afin que justice soit rendue dans l'affaire Djomo Pokam

Pour honorer la mémoire de Djomo Pokam, un site internet lui est dédié: http://www.djomopokam.org/ Que Dieu nous protège et nous garde.

Le 3 mai 2010
Pour la famille Djomo,
(é) Serge Djomo J., Chef de famille
http://fr.mc291.mail.yahoo.com/mc/compose?to=famille.djomo@yahoo.fr

dimanche 16 mai 2010

Cameroun : BIBI NGOTA et son épouse ont subi la torture de la police politique de Paul BIYA


« L’un d’eux m’a cogné au bas ventre. J’étais enceinte d’un mois et demi. C’était le jour là que j’avais eu mon avortement »




Samedi 08 mai 2010, au cours de l’émission ‘’ Dans la ligne de mire’’, diffusée sur les ondes de TBC, une radio FM émettant à Yaoundé, l’épouse de Bibi Ngota raconte par le menu l’interpellation de son mari, et apporte un démenti aux propos de Issa Tchiroma, le ministre de la Communication, qui soutient que Bibi Ngota était infecté par le Vih-Sida.

Entretien avec Bosco Tchoubet, le directeur de TBC, par ailleurs beau-frère du journaliste décédé à la prison de Kondengui le 21 avril dernier.

Je vais donner la parole à son épouse qui va se présenter elle même. Elle qui dormait avec Bibi Ngota lorsque la DGRE arrive pour la première fois si tu veux tu t’exprimes en BULU, si tu veux tu t’exprimes en français. Exprime-toi dans la langue où tu vas le mieux t’exprimer. Lorsque la DGRE arrive pour la première fois chez vous qu’est ce qui se passe concrètement ?

Merci. Quand la Dgre est arrivé pour la première fois, c’était un jeudi le 05. Il était malade mercredi et nous sommes allés à la clinique. On lui avait demandé de dormir à la clinique. Nous avons dit que c’était difficile, puisqu’il avait beaucoup de choses à faire. On lui a prescrit des remèdes. On a demandé aux gens de la clinique s’ils pouvaient venir faire les traitements à la maison même s’il faut qu’on paye de l’argent. Les infirmiers ont dit qu’il n’y a pas de problèmes. Ainsi, on devait s’entendre.

Quand les gens de la DGRE sont arrivés jeudi, ils ont trouvé la perfusion sur sa main. Dès que Mynthia est entré, il est allé dans notre chambre. Les gens là se sont assis. Je ne savais pas que c’était des gens de la DGRE car ils étaient en civil. Je croyais que c’était ses camarades, ses collègues. Je ne connaissais qu’une seule personne : Mynthia.
J’ai demandé à Mynthia qui étaient les gens qui l’accompagnaient ? C’est là où Mynthia me dit que ça ne me concerne pas. Je suis donc allé dire à Bibi que : « Des gens sont là. Je ne sais pas si ce sont ses gens, je ne sais pas ». Il m’a dit que « va leur demander de se présenter, qu’ils te donnent leurs noms et tu viens me dire ». Je suis parti. Ils m’ont répondu : « Madame, fichez nous le camp. L’affaire là ne vous concerne pas, nous ne sommes pas là pour toi ».

J’ai dit à Mynthia s’il peut me dire s’il y a un problème parce je vois que les gars là sont très nerveux. Mynthia lui dit qu’il n’y a pas de problèmes. Mynthia lui rappelle qu’ils avaient un rendez vous, il dit qu’il attend que la perfusion finisse. Bibi lui a dit que : « Je suis très fatigué, Je ne peux pas me lever. Puisque depuis hier je suis sous perfusion. Je ne peux pas me lever». C’est là où Mynthia lui dit : « On va aller chez moi, tu vas boire l’huile de palmiste, après, je vais te masser ». Je dis à Mynthia que moi-même je pars je vais aller boire cette huile de palmiste et le masser. Mynthia dit : « Non ». Mynthia dit que « si quelqu’un te donne le remède, lui-même doit aussi te masser ». J’ai donc dit OK. Je n’étais même pas d’accord. "Mynthia a insisté que l’huile de palmiste baisse la tension".

"La tension était à 22 quand nous étions à la clinique et quand nous sommes revenus". Bibi a refusé de partir. La perfusion est finie. J'ai appelé l’infirmière, elle est venue enlever la perfusion. Et Mynthia a dit qu’il part.

"Quand Bibi se lève qu’il va accompagner Mynthia à la porte, les gens là sont arrivés, Ils l’ont porté par le haut et sont partis avec lui". Je suis entrée dans la voiture. Il y avait quatre bourreaux. "L’un d’eux m’a cogné au bas ventre. J’étais enceinte d’un mois et demi. C’était le jour là que j’avais eu mon avortement".

Quand j’ai commencé à m’enrouler, l’un d’eux est venu me porter et m’a jeté dans la rigole. Il lança «Madame si vous êtes très forte retrouvez nous au lac ». J’ai commencé à appeler les gens. Quand je suis entré à la maison, le sang sortait de mon ventre en jet. J’ai appelé l’infirmière, elle est venue me faire la perfusion. "La tête me faisait mal. Je pleurais quand ils sont partis avec bibi, j’ai commencé à appeler au téléphone. C’était pour la première fois que je voyais ce genre d’affaire".

Quand ils sont partis, j’appelais Bibi au téléphone, d’autres personnes de la DGRE me répondaient, « Madame faites encore l’erreur d‘appeler à ce numéro, on va venir vousarrêter chez vous et on va même venir vous bruler. Faites l’effort de ne plus l’appeler à ce numéro parce que ça ne l’appartient plus». Quand moi même j’ai suivi ça j’ai seulement dit seigneur.

Il m’a envoyé un message à 03 heures 30 : « je suis déjà en train d’arriver ». Je suis venu l’attendre dehors. Ils sont venus le raccompagner à la maison. Un s’est mis devant, un derrière, l’un au milieu et l’autre est resté dans la voiture. Ils m’ont dit, « Nous savons que ton beau frère a une chaîne de radio parce qu’on a tout ton A1. Nous savons que tu es journaliste. Si un seul instant on apprend ce que nous sommes partis te faire la bas à la DGRE, tu sais ce qu’on t’a fait à la DGRE, si un seul instant on apprend que ton beau frère et tes confrères ont parlé de ça, premièrement on va aller brûler sa chaîne de radio ».

Ses pieds étaient déjà enflés, gonflés. Quand ils ont fini de parler, Ils l’ont bousculé, il est tombé. Il a peut être fait plus d’une heure là, parce que le matin nous a trouvé là dehors.

Il était dans le coma. J’ai appelé les gens : Mr Tchoubet et sa femme. Ils sont venus. L’infirmière est revenue replacer les perfusions. Deux jours après, Mynthia revient. Mynthia faisait que, quand ils viennent avec la voiture, ils vont garer ça loin. Mynthia arrive d’abord. Le sang sortait sur moi en jet. J’avais mon pagne attaché autour de la poitrine. J’ai fermé la porte.

Quand ils sont arrivés à Ils m’ont trouvé là. Ils m’ont demandé Bibi Ngota est où ? Ils m’ont dit "ouvre la porte". J’ai dit je n’ouvre pas. "On va casser la porte". J’ai dit je vais appeler les gens pour dire que vous êtes venus braquer chez moi. "On est capable de faire de lui ce qu’on veut. Ouvrez la porte-ci. Madame ouvrez la porte, vous n’avez pas la force, Sa vie est déjà entre nos mains on est capable de faire de lui ce qu’on veut. Ouvrez la porte". Je leur ait dit je n’ouvre pas.

Et pendant ce temps, le sang coulait sur moi parce que je n’avais ni garniture, ni rien. J’avais seulement mon pagne. Dès qu’un monsieur est entré, il était trop grand, trop galant. "Il m’a arrêté. J’ai laissé mon pagne. Il s’est détaché. Le sang a commencé à jallir, c’est la alors qu’ils m’ont laissé, ils sont partis".

La troisième fois, ils sont encore revenus, toujours les mêmes. Ils sont venus avec la voiture, ils sont partis garer. « Où est ton mari », je dis qu’il n’est pas là. Ce jour là effectivement, il n’était pas à la maison. "Il est où ?" Je dis que je ne connais pas, je ne sais pas. Ils ont commencé à me menacer. Je dis que je ne connais pas. On dit que prends le téléphone. Mynthia lui-même connait son numéro, vous même lancez l’appel. Je suis fatigué de ça. C’est de là donc qu’ils sont sortis. Après Mynthia me dit que ce n’est même pas pour lui faire du mal. J’ai dit à Mynthia que je ne sais pas ou il est. Encore plus il est malade. Il est parti à la pharmacie. C’est de là donc qu’ils me demandent : « dans quelle pharmacie ? ». Je leur dit que je ne sais pas. Ils ont démarré la voiture.

Ils sont d’abord partis au restaurant en route où on partait souvent manger. Ils ne l’ont pas trouvé là bas. Ils ont fouillé tous les carrefours et les bars de notre quartier, ils ne l’ont pas trouvé. Ils sont partis en ville, ils ont fouillé tous les bars, avec l’aide de Mynthia. C’est la bas en ville que l’un de ses confrères m’appelle, et me dit « est ce que ton mari est la bas à la maison, on est en train de le fouiller ici partout dans les bars ». Je lui réponds qu’il n’est pas là il est à la pharmacie. Certainement on l’a retenu là bas.

Avec l’aide de Mynthia, ils ont fouillé partout jusqu’à ils ne l’ont pas trouvé. Quand il est donc rentré, je lui ait dit "papa, le problème là me dépasse déjà, je ne connais pas comment faire pour faire des problèmes. Je n’ai personne". Je lui ai dit que : « papa, je vois que l’affaire ci on doit fuir, fuyons ». Il dit « je ne peux pas fuir puisque je ne connais rien dans toute cette affaire que tu vois là, je ne connais rien mama laisse moi ». La nuit est arrivé on est parti se coucher. Il a commencé à faire des cauchemars. « wooh Wooh le Seigneur est mon berger, je ne manquerai de rien, si je meurs, écris le Seigneur est mon berger, je ne manquerai de rien ».

Il a répété comme ça cinq fois. J’ai commencé à dire que "Bibi, bébé bébé c’est comment ?" Il ne faisait que raconter. « Wooh on a arrêté ma gorge. Laurent Esso a dit qu’il va me tuer, wooh il va me tuer ». Il s’est réveillé. Il a commencé à me raconter ce qu’il avait eu dans ses cauchemars. « Je ne peux pas fuir s’ils veulent ils me tuent. Les gens sont en train de me poursuivre, c’est Laurent Esso qui envoie ces gens ». J’ai donc dit que «papa je n’ai pas de force, fuyons ». Il m’a dit « mama je ne peux même pas fuir, s’ils veulent ils me tuent ».

Le vendredi matin on nous attendait à Mbalmayo à 08heures ;

La quatrième fois donc c’était ce vendredi où on était venu l’arrêter. On toque à la porte, "c’est la police judiciaire". J’ai commencé à greloter. Comme lui même il venait de prendre les comprimés. La tension tout ca, il venait de prendre les remèdes. Il passait toute la nuit sans dormir. "Ses pieds gonflaient". J’étais en train de faire la prière. « C’est la police judiciaire ». La police judiciaire ca veut dire quoi. J’ai hésité, je suis allé ouvrir la porte. « Nous sommes venus arrêter ton mari ». J’ai pris les babouches, j’ai mis les habits sur mon mari, il m’a demandé si j’avais quelque chose là, j’ai pris deux milles, je lui ai donné. Je leur ai demandé que maintenant là vous partez où : ils disent que « madame suit nous à Elig Essono si vous êtes très braves ».

Le matin là, je n’avais pas le temps de brosser, les enfants. J’ai seulement pris le taxi. J’ai appelé madame Tchoubet. Je suis parti à Elig-Essono. J’ai marché dans tous les bureaux d’Elig Essono. C’est là bas donc quand je suis partis, javais déjà acheté les jus et les gâteaux. Il me dit : « le commissaire qui m’avait interrogé m’a acheté de l’eau tangui, des remèdes et des yaourts ». Maintenant j’ai déjà mangé. Avec la hernie, la tension, la hernie était partie l’étrangler à la pharmacie, c’est pourquoi il avait duré à la pharmacie. Après la PJ, on a marché marché, marché, marché.
"Tous les jours j’étais là. A midi je suis là. Je marchais à pieds, parce que je n’avais plus d’argent".

Bosco Tchoubet : Merci, vous allez maintenant réagir à l’annonce qui a été faite sur les ondes de la radio nationale et de la télévision nationale sur les causes du décès de Bibi Ngota, on dit qu’il avait le VIH.

Vraiment, je suis dépassée. Puisque le 10, le jour de son arrestation, le 11 qui suivait ce jour là, quand je suis parti à Kondengui. Il me dit que « mama, on nous a soumis au test du VIH SIDA ici là ». Je lui demande si les résultats étaient déjà sortis, il me dit que oui. Je lui dis que je ne peux pas accepter ça de ta bouche. Viens me montrer le carnet. "Il est parti lui-même de ses propres pieds avec le carnet. Me montrant les tests auxquels il avait été soumis. Tous les tests étaient négatifs sauf la tension et la hernie, moi-même j’ai vu, signé du Dr Ndi".
Après donc, après le 11 là, le 12, "on a prescrit l’ordonnance, la famille avait acheté". Le samedi, le vendredi, Une semaine la veille de sa mort, j’étais là bas vendredi, j’étais d’abord là bas jeudi, une semaine avant sa mort. "J’étais là bas les jours des visites, même le jour des non visites." Je suis parti avec la nourriture : les boîtes de lait, les œufs, le foléré, puisqu’il aimait boire le foléré. Le vendredi suis reparti. On me dit que "madame vous êtes ici tous les jours". Il me dit « comme j’ai rendez vous demain samedi avec le Dr Ndi, ca va aller je suis sûr que les semaines prochaines on va m’enlever du Kossovo, parce que le vrai problème c’est le Kossovo ».

Samedi je ne suis pas parti là bas. On me dit madame vous êtes ici tous les jours. Comme j’ai rendez vous demain samedi avec le Dr. Ndi. "C’est dimanche que je constate que ses yeux sont devenus jaunes. Dimanche même il ne marchait plus". "C’est les autres prisonniers qui arrêtaient ses bras. J’ai dit « e Kye, à l’heure ci tu ne manges même plus ? Alors que hier là, j’étais ici tu as tu as porté ta nourriture, tu es revenu me donner le panier. Maintenant tu ne marches pas, en l’espace d’un jour, qu’est ce qui t’arrive ? ».
Il me dit que non « c’es peut être l’injection qui me fatigue comme tu me voies là ». Je lui ai dit que "c’est l’injection qui jaunit tes yeux, Ouvre ta bouche". Il a ouvert sa bouche. "Sa bouche était jaune. J’ai ouvert sa pomme de main, sa pomme de main était jaune. J’avais enlevé les babouches ses plantes de pieds étaient jaunes". J'avais dit que "papa l’injection est trop forte", il me dit que « c’est peut être par rapport à ca que mon corps est jaune ».

Avec l’aide de Dieu, ca va aller. Le lundi même de la semaine de sa mort, j’étais la bas. Jusqu’à ce que les gardiens de prison m’ont dit que "madame à l’heure ci là vous n’entrez pas parce que tous les jours vous êtes ici". J’avais payé trois taxis, cinq, cinq, cinq cent. Parce que tous les jours vous êtes ici.
"Pour dire que la famille ne l’avait pas assisté. Je suis dépassée". "Ce n’est pas le cadavre d’un chien. Je suis dépassée".

"Je remercie tous ceux qui ont dit que mon mari avait le Sida". Parmi tous les gens qu’on enterre aujourd’hui là combien sont morts de Sida ? Je remercie. "Mes enfants n’arrivent plus à jouer parce que leur père avait le Sida".

Merci.
© Epouse Bibi Ngota, Propos retranscrits et traduits du BULU par Boris Bertolt (stagiaire)

vendredi 14 mai 2010

Cameroun : La méchanceté du régime de Paul BIYA



Un Français détenu depuis 12 ans dans une prison au Cameroun



M. Michel ATANGANA, est un citoyen français d’origine camerounaise détenu depuis 12 ans dans les sous-sols du ministère de la défense du Cameroun. Condamné à 15 ans de prison. L’affaire Michel Thierry ATANGANA, où comment un ressortissant français est sacrifié sur l’autel des bonnes relations franco-camerounaises.

Historique de l’affaire Michel Thierry ATANGANA
Le 12 mai 1997, voilà 13 ans, Michel Thierry ATANGANA, citoyen français, était arrêté au Cameroun alors qu’il rentrait chez lui au volant de son véhicule. 13 ans après, il est toujours détenu dans une prison non officielle : les sous-sols du Secrétariat d’Etat à la Défense à Yaoundé.
Quelques semaines après son arrestation, il a été jugé, avec Titus EDZOA, candidat à l’élection présidentielle contre Paul BIYA, et condamné à 15 ans d’emprisonnement pour détournement de fonds publics dans le cadre de la gestion du COPISUR (Comité de pilotage et de surveillance des travaux routiers) dont il était le président.

Jugement expéditif
Ce jugement a été prononcé à l’issue d’une enquête expéditive et d’une procédure n’obéissant à aucun des critères d’un procès équitable, à savoir des juges impartiaux et un respect des droits de la défense de Michel Thierry ATANGANA. Son arrestation, sa condamnation et les 13 ans de calvaire qui ont suivis sont directement liés à son soutien à Titus EDZOA qui avait osé, en avril 1997, présenter sa candidature à l’élection présidentielle camerounaise d’octobre 1997.

Presse et élections présidientielles au Cameroun en 1997
Toute la presse internationale avait fait le lien à l’époque entre la présidentielle et l’arrestation. Dans un rapport sur le Cameroun publié en 2006, le Département d’Etat américain considère qu’il y existe deux prisonniers politiques : Michel Thierry ATANGANA et Titus EDZOA.
D’ailleurs, jusqu’à la candidature de M. EDZOA, les modalités de financement et de gestion du COPISUR n’avaient jamais été contestées. C’est cette candidature, et uniquement elle, qui a déclenché les poursuites judiciaires initiées par le pouvoir politique Camerounais. M. ATANGANA paie, depuis 13 ans, son soutien en 1997 à M. EDZOA, mais le prix ne paraît pas encore assez élevé aux yeux des autorités camerounaises.

Michel Thierry ATANGANA 14 ans d’emprisonnement…
En effet, comme le terme des 15 ans d’emprisonnement se rapproche, il a été décidé de juger à nouveau MM. ATANGANA et EDZOA pour des faits qui auraient été commis, il y a 15 ans, entre 1994 et 1996, toujours dans le cadre du COPISUR. L’objectif est clair : ils ne doivent pas pouvoir sortir un jour de leur sinistre lieu de détention. Ce nouveau procès, au dossier vide, fixé une première fois en septembre 2009, est depuis renvoyé d’audience en audience sous différents prétextes.

Profil bas des autorités Françaises
Face à cette situation, les autorités françaises ont adopté un profil bas alors qu’un citoyen français est privé de liberté depuis 13 ans en violation de ses droits les plus élémentaires. Les autorités camerounaises se permettant même de refuser au consul général de France à Yaoundé au Cameroun de visiter son propre ressortissant dans son lieu de détention, sans que la France n’ose émettre une forte protestation.
La défense de M. Atangana demande aux autorités françaises de s’intéresser au sort d’un de leurs ressortissants, abandonné depuis 13 ans dans les mailles d’une justice camerounaise aux ordres, sacrifié sur l’autel du maintien des bonnes relations franco-camerounaises.
© Agence Relations Presse (Communiqué de presse)
Contact Presse
Rémi Barousse, avocat
Tél. : +33 (0)1 42 68 48 00

mercredi 5 mai 2010

Cameroun : Les ennemis de la liberté sous le régime de Paul BIYA




Liberté de la presse : Dangereux retour masque de la subversion


La méthode utilisée pour arrêter Bibi Ngota et ses confrères encore en détention à Kondengui relève d’une époque que l’on croyait révolue.

Arrêté et torturé dans les cellules de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre), avant de trouver par la suite la mort pendant sa détention préventive à la prison centrale de Yaoundé, le journaliste Germain Cyrille Ngota Ngota est la première victime de la résurrection d’une pratique de l’ère du parti unique.

Officiellement abrogée par la loi N°90/046 du 19 décembre 1990, l’ordonnance N°62/Of/18 du 12 mars 1962 portant répression de la subversion est de retour !

Tout se passe en réalité comme si le journaliste décédé et ses confrères encore en détention préventive à la prison centrale de Kondengui étaient accusés d’avoir posé un acte de nature à troubler ou à renverser l’ordre social ou politique, ou encore accusés de vouloir saper les institutions établies ou même de vouloir déstabiliser le régime.

Mauvais traitements
Les circonstances de l’interpellation en février dernier des journalistes Simon Hervé Nko’o, Serge Sabouang, Harrys Robert Mintya Meka et Germain Cyrille Ngota Ngota montrent bien que les choses se sont passées comme dans le Cameroun d’avant 1990.

Le Cameroun de l’ère du parti unique a été caractérisé par des interpellations et arrestations arbitraires, des tortures et crimes auxquels participaient activement les services du Cener, l’ancêtre de l’actuelle Dgre. Tout acte politiquement non correct étant considéré comme étant de la subversion.

Les journalistes cités dans ce dossier ont d’abord été effectivement conduits dans les services de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre, services de renseignements) où ils ont été entendus, gardés à vue et subi des mauvais traitements avant d’être provisoirement relâchés. Germain Cyrille Ngota Ngota avait été « libéré » précocement des griffes des ses bourreaux de la Dgre à cause de son mauvais état de santé !

Déjà impliquée dés le début de cette affaire de « frais de commissions » pour « l’exploitation » des journalistes dans ce dossier concernant Laurent Esso, le ministre d’Etat Secrétaire général de la présidence de la République, la Délégation générale de la sûreté nationale n’a pas tardé à mettre en branle le rouleau compresseur. Les suspects sont déférés le 5 mars 2010 devant le parquet du tribunal de Grande instance du Mfoundi. Ces ainsi que les journalistes concernés ont finalement été placés sous mandat de détention provisoire pour « contrefaçon des signatures et des timbres, des marques et imprimés » le 10 mars 2010. Germain Cyrille Ngota Ngota alias Bibi Ngota, Serge Sabouang et Harrys Robert Mintya Meka se sont donc retrouvés en détention préventive à Kondengui, la prison centrale de Yaoundé. Lieu où Bibi Ngota a trouvé la mort dans la nuit du 21 au 22 avril 2010.

Un journaliste vient de mourir en prison au Cameroun de Paul Biya. Dans des conditions non élucidées. Bibi Ngota était tout simplement cité dans une affaire concernant un autre confrère qui a adressé un protocole d’interview à Laurent Esso pour avoir des précisions sur un document où figure sa signature. Dans le cadre d’un recoupement. Une chose normale dans une enquête journalistique.

Se regarder dans un miroir
Le débat sur les intentions de Bibi Ngota et des autres confrères en détention préventive est un faux débat. Rappelez-vous dans la Bible la réaction de Jésus-Christ face aux juifs qui voulaient lapider une prostituée : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ? », avait-il déclaré. Aux donneurs de leçons de journalisme du Ministère de la Communication et de Cameroon Tribune qui vouent aux gémonies Bibi Ngota et ses confrères en détention et parlent de chantage, qu’ils aient le courage de se regarder dans un miroir et de relater la genèse du « journalisme du Hilton » qu’ils dénoncent aujourd’hui avec tant de fermeté !

Avant de mourir, Bibi Ngota a écrit à Laurent Esso une lettre pathétique dans laquelle il met en relief le fait qu’il n’était pas l‘auteur du document portant la signature controversée du secrétaire général de la présidence de la République. Ce dernier est resté de marbre. Impitoyable.

Le tamtam médiatique du ministre de la Communication ne peut être considéré comme parole d’Evangile. Obnubilé par le besoin de prouver que le décès de Bibi Ngota ne provient pas « d’un traitement hostile particulier », M. Issa Tchiroma Bakary s’acharne à présenter Bibi Ngota comme un délinquant, un maître-chanteur et un malade dont la cause de la mort est une maladie qu’il a publiquement révélé, sans aucun égard pour le mort ni pour la famille de Bibi Ngota qui ne comprend pas « les mensonges et le comportement inhumain du ministre de la Communication ».
© Edmond Kamguia K

mardi 4 mai 2010

Cameroun : Justifier l'injustifiable au pays de Paul BIYA




Lorsqu’un Ministre s'enferme dans le mensonge


Depuis sa nomination au poste très controversé de ministre de la communication dans le régime autocratique du 6 novembre 1982, Issa Tchiroma Bakary n’a jamais cessé de multiplier les fautes et maladresses graves qui, selon les indiscrétions parvenus à nous, pourraient lui coûter son poste lors du prochain remaniement ministériel qui se peaufine à l’horizon, dans la perspective de l’élection présidentielle de 2011. Le porte feuille de ministre de la communication dans le gouvernement du Rdpc est décidemment un poste qui porte malheur à celui qui se ose le tutoyer.

Le « Mincom » dans le gouvernement Biya est en quelque sorte un homme de ménage qui a pour seul rôle de pondre les inepties et des incongruités pour justifier les déchéances - les balourdises - nous parlons des défectuosités perpétrées par le régime en place dans la gestion des affaires de l’état depuis 1982, sans omettre naturellement les nombreuses fautes commises par rapport aux droits de l’homme, depuis l’avènement de la démocratie en 1990.

De la Mort de Bibi Ngota Ngota
La sortie non attendue de madame Bibi Ngota sonne comme un coup de massue faisant obstacle au ministre de communication qui, lors de sa récente sortie devant un parterre de journalistes invités spécialement pour l’occasion, déclarait avec assurance, orgueil et impétuosité que le regretté Bibi Ngota était séropositif, signifiant en quelque sorte que ce dernier serait décédé de Sida (maladies opportunes…). Un tel mensonge venant de la voix la plus autorisée en matière de communication du gouvernement est le reflet même de l’incapacité du ministre à mettre en pratique les méthodes bachelardiennes (rigueur logique, rigueur épistémologique) qu’impose la ô combien noble profession de journaliste, dans la vérification des sources d’informations et surtout dans l’interprétation et la relecture d’un évènement - d’un fait. C’est bien dommage que le ministre ait pu commettre une faute aussi grave qui relève de l’amateurisme et révèle son adhésion à la pratique du journalisme de rue - de la communication « informelle » qui meuble le quotidien d’une « certaine presse », comme il la désigne « eux », et qu’ils n’ont jamais cessé de stigmatiser et d’enfoncer.

La Mort de Bibi Ngota en est la parfaite illustration. Nous disons que c’est une posture honteuse et très grave venant la part d’un ministre avec qui nous avons mené les grandes luttes pour le changement et donc nous saluons à l’époque la pertinence de l’intelligence, le courage de dénoncer et la volonté d’agir pour son Pays. Le fait de banaliser la mort de Bibi est sûrement la goutte d’eau qui fait déborder le vase de la maladresse du ministre Tchiroma qui, nous n’en doutons plus, ne sera plus du prochain gouvernement. Décidemment chez tous les ministres de la communication du régime du renouveau généralement en quête de prébendes, il y a toujours, quoiqu’il arrive de tragique dans nôtre pays, « zéro Mort », par rapport aux différentes bavures de l’administration et des corps armées au service des politiciens ingrats et incompétents qui semblent parler au nom du peuple. Quel est le sort qui sera réservé à Tchiroma quand on sait que Biyiti Bi essam lors du dernier réaménagement gouvernemental, suite à ses sorties maladroites et inconscientes, avait été muté aux postes et télécommunications, alors que Kontchou, ancien ministre d’état fût tout simplement remercié et ensuite mis aux oubliettes.

Le Ministre Tchiroma qui est de confession musulmane, lui qui réclame haut et fort sa camerounité, doit savoir que les morts dans les traditions bantous sont considérés comme les vivants qu’il faut respecter. Le comprendra-t-il, lui qui insiste et persiste dans les déclarations tapageuses dignes des propagandes nazis ? Dans tous les cas, l’histoire saura être très sévère avec ceux-là qui jouent avec la misère et l’honneur de la nation. Parfois il faut savoir se taire.
© Correspondance camer be : Alain Nanzé, Union en Mouvement

lundi 3 mai 2010

Cameroun : Le pouvoir aurait alors inoculé le virus du VIH/SIDA au cadavre du journaliste Bibi Ngota assassiné en prison



Affaire Bibi Ngota : Les vociférations du gouvernement

Alors que l’onde de choc du frémissement de la communauté des journalistes camerounais avait atteint « les limites de la planète », le gouvernement avait cru bon de communiquer sur la scabreuse affaire qui mérite d’être baptisée, « Bibi Ngota Gate. » Le sale boulot étant réservé au ministre de la Communication (MINCOM) Issa Tchiroma. L’autoproclamé porte-parole du gouvernement va organiser un point de presse pour les besoins de la cause, le vendredi 23 avril 2010. Au cours de cette communication « d’urgence », le MINCOM s’est voulu à tout égard digne. Faisant preuve d’élégance, il a dit clairement ce soir là qu’il n’avait pas le droit de révéler en public les résultats du test de VIH / SIDA du disparu. Lequel test avait été suggéré à ce dernier comme à tout nouveau détenu de la prison de Kondengui. Le patron de la communication s’était alors contenté de préciser que le journaliste n’était jamais venu retirer ces examens.

Mais qu’est-ce qui lui a traversé l’esprit une semaine après ? Les personnes introduites au sein du sérail estiment que c’est en désespoir de cause que le gouvernement l’aurait poussé à agir. La stratégie consistant à présenter la victime comme un grand malade aux yeux de l’opinion internationale qui a fait chorus pour demander des comptes sur la mort du directeur de publication de Cameroun Express. Si certains membres de l’establishment plus scrupuleux de l’effet que pourrait produire la divulgation d’un secret médical sur l’image de marque du Cameroun ont suscité une certaine hésitation, la volonté de présenter Bibi Ngota comme un homme amoché par plusieurs affections dont le VIH et non par la torture subie à la Direction générale de la recherche extérieure (DGRE) aura finalement eu le dessus. Issa Tchiroma fera ainsi la fameuse déclaration sur les antennes de la CRTV. Oubliant qu’une semaine avant, il disait qu’il serait « indécent » de communiquer les résultats des examens de VIH d’un citoyen.

Pis, les dénonciations des associations de personnes vivant avec le VIH / SIDA qui sont montées au créneau n’ont pas suscité le moindre mea-culpa du gouvernement, ou encore une sortie officielle de l’ordre des médecins dont de nombreux membres dénoncent sous cape. Cela dit, le gouvernement vient de se fourvoyer gravement. Car, une enquête judiciaire a été ouverte par le président de la République pour la même affaire, en plus de l’instruction qui a démarré avec la mise en détention provisoire de Bibi Ngota et ses camarades d’infortune. Alors même que ces deux enquêtes n’ont pas livré leurs conclusions, des éléments de l’instruction sont portés à l’attention du public par un ministre de la République. Dans ce cas, que reproche-t-on à Ananie Rabier Bindji et Cie puisqu’ils sont accusés d’avoir communiqué à l’opinion des éléments d’une instruction ? Qu’est ce qu’on opposerait à la presse comme argument de désapprobation quand elle dressera le top 50 des personnalités vivant avec le VIH ? Pas le secret médical et le respect de la vie privée en tout cas !

En outre, cette thèse d’une infection de VIH – SIDA est battue en brèche par l’épouse de Bibi Ngota qui rassure que son défunt époux était sain de ce point vue. Elle a rendu ce témoignage samedi 1er mai 2010 sur les antennes de la Tome broadcasting corporation (TBC), une radio émettant de Yaoundé. En présence du père du défunt, elle a mis au défi quiconque lui prouverait le contraire. Dans la foulée, la famille du journaliste a contesté l’autopsie qui a été pratiquée sur sa dépouille. Ces déclarations et bien d’autres ont poussé le MINCOM à recevoir plusieurs éditeurs de presse dans son cabinet vendredi et samedi derniers pour requérir leur soutien dans un plan machiavélique qui consiste à démobiliser la presse qui fait bloc derrière l’affaire. Dans la ligne de mire, le sit-in organisé ce jour devant la Primature à Yaoundé. Les premières estocades se sont ressenties samedi dernier. Intervenant à un débat sur l’antenne de Magic Fm à Yaoundé, le directeur de l’information d’une télévision basée dans la même ville et réputée proche de Laurent Esso a déclaré que « c’est d’une manifestation organisée pour demander à Paul Biya de partir, parce qu’étant déjà trop vieux, qu’il s’agit». On voit déjà en face, la main de manipulateurs du système.

Cameroun : La police de Paul BIYA déchire les habits des journalistes




Manifestation des journalistes : action policière



Les forces de l'ordre sont intervenues aujourd'hui à Yaoundé contre des journalistes participant à un rassemblement pour la journée de la liberté de la presse et pour réclamer la lumière sur le décès d'un confrère en détention préventive, a constaté un correspondant de l'AFP.

Entre 200 et 300 personnes, répondant à l'appel de l'Union des journalistes du Cameroun (UJC), ont tenté de se diriger vers le siège des services du Premier ministre Yang Philemon pour y faire un sit-in lorsqu'elles ont été bloquées à un carrefour par des policiers et gendarmes.

Selon les autorités, le rassemblement sur le site projeté a été refusé pour non-respect "des délais légaux de déclaration de manifestation publique". Les manifestants ont été bousculés à coups de matraque. Au moins deux journalistes, un correspondant camerounais de Radio France Internationale (RFI), Polycarpe Essomba, et Jean-Baptise Ketchateng, du quotidien privé Mutations, ont eu leurs habits déchirés, selon le correspondant de l'AFP.

Le sit-in s'est finalement tenu au carrefour où la manifestation avait été bloquée, sous la surveillance d'un important dispositif policier.

"Libérez tous les journalistes encore en prison!", "Pour la dépénalisation des délits de presse", "Non à la persécution des journalistes", "Que la lumière soit faite sur la mort de Bibi Ngota", pouvait-on lire sur des pancartes.

Germain Cyrille Ngota Ngota, dit Bibi Ngota, directeur de Cameroun-Express, est décédé le 22 avril à la prison de Yaoundé où il était en détention préventive depuis le 10 mars.
© AFP

jeudi 29 avril 2010

Cameroun : Le régime de Paul BIYA est décidément très dangereux




Assassinat politique de Bibi Ngota: Issa Tchiroma manipule la presse et l’opinion





Voici en intégralité, le témoignage de Félix Cyriaque Ebolé Bola, invité par le ministre de la Communication à assister à l’autopsie du journaliste décédé à la prison centrale de Kondengui.




« Chers tous, je voudrais partager avec vous ces faits insolites autour de la mort de Bibi Ngota, survenus le lundi 26 avril 2009 à Yaoundé.

A 12h40, je reçois un coup de fil d’un numéro caché. C’est M. Issa Tchiroma, ministre de la Communication, qui me prie d’aller représenter la profession à l’autopsie de Bibi Ngota, qui doit avoir lieu au Centre hospitalier universitaire (Chu) de la ville. Je saute dans premier taxi, et me retrouve quelques minutes plus tard à la morgue. Un homme en blouse blanche émerge de derrière une bâche. Je me présente à lui et dis l’objet de ma présence en ces lieux. Il semble ne rien maîtriser : «Je ne sais pas si cette autopsie aura lieu… En tout cas, allez voir directement au Chu».

Je monte à toute vitesse, me renseigne puis me retrouve dans le service compétent, sis au sous-sol de l’officine. Un homme à l’allure jeune m’accueille, me prie d’attendre le major qui ne serait pas loin et me désigne une chaise. Entre mon départ du bureau et mon arrivée dans ce service, il s’est écoulé quelque 35mn.

J’attends environ 10mn, puis des gens en blouse blanche arrivent. Je me présente à celui qu’on me désigne comme étant le major : «Je m’appelle Félix Cyriaque Ebolé Bola, j’ai été envoyé par le ministre de la Communication pour représenter les journalistes à l’autopsie de Bibi Ngota.» .

Mon interlocuteur a l’air effaré : «Mais nous avons fini ! Et puis c’était à la morgue et non ici.» Je lui apprends que j’ai commencé par ce pavillon, je décris celui qui m’a reçu avant de m’envoyer à son service. Il le reconnait et s’étonne qu’il m’ait ainsi mal renseigné alors qu’il a personnellement assisté à l’autopsie. A ma question de savoir si au moins un membre de la famille a assisté à cette opération, le major m’indique que «c’est une épreuve difficile à laquelle les familles ne sont généralement pas conviées».

Je le quitte, confus et interrogateur, me demandant pourquoi le ministre Tchiroma m’a-t-il dirigé au Chu alors que l’autopsie était soit en cours, soit déjà terminée. Je me demande, surtout, pourquoi le préposé à la morgue m’a dérouté.

Revenu au bureau, j’ai vainement tenté de joindre le ministre de la Communication pour comprendre pourquoi j’avais été embarqué dans une affaire visiblement viciée. En désespoir de cause, j’ai pu rendre compte de ma mésaventure à son conseiller technique, Félix Zogo, qui a promis de lui en parler. Je tenais à faire cette lumière afin d’éviter tout malentendu, et surtout pour alerter la corporation quant au mystère qui continue de s’épaissir autour de la mort de Bibi.

NB : Dimanche dernier en mi-journée, Bruno Ntede, le cadet de Bibi, m’a joint au téléphone pour m’apprendre qu’une autopsie avait déjà été pratiquée depuis vendredi. Selon ses déclarations, c’est un membre de la famille travaillant au Chu qui a alerté les autres de ce que des individus se sont présentés à la morgue du Chu comme venant «du secrétariat général de la présidence de la République», envoyés pour demander que l’autopsie soit pratiquée immédiatement. Ce qui aurait été fait.».
© La nouvelle expression

vendredi 23 avril 2010

Cameroun : Dénonçons le meurtre du journaliste BIBI NGOTA







Décès Bibi Ngota: l'asbl Liberal appelle à la Mobilisation générale des journalistes en vue de dénoncer cette entrave aux droits humains

La Ligue Belgo-Africaine pour le Rétablissement en Afrique des Libertés fondamentales (LIBERAL- Cebaph) est extrêmement préoccupée par le décès du journaliste Bibi Ngota.Directeur de publication de Cameroun Express, il était en détention préventive depuis le 10 mars 2010. Il n’aurait pas eu l’autorisation d’aller se faire soigner. Bibi Ngota, de son vrai nom, Germain Cyrille Ngota Ngota,est décédé jeudi 22 avril 2010 à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé.Selon des informations parvenues à notre représentation du Cameroun, le certificat de décès de Bibi Ngota stipule qu'il serait mort des suites d'une négligence et d'un manque de soins.Il était souffrant et avait d'ailleurs demandé à être soigné.

L'asbl Liberal Cebaph, toute antenne confondue est indignée par le décès de Bibi Ngota et exprime ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses collègues.

L'asbl Liberal-Cebaph demande au gouvernement camerounais de mettre sur pied une commission d'enquête indépendante pour déterminer les circonstances exactes de l’arrestation, de la détention et de la mort de ce journaliste ;

Exige une enquête judiciaire pour établir les responsabilités des mauvais traitements que Bibi Ngota et les trois autres auraient subi pendant leur détention dans les cellules de la Dgre ;

Appelle à la Mobilisation générale des journalistes en vue de dénoncer cette entrave aux droits humains.

Rappelle qu’il s’agit d’une violation de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ratifiée par le Cameroun en 1987.

L'asbl Liberal Cebaph invite les organisations nationales et internationales de promotion des droits humains d'engager une campagne internationale pour la sécurité et la liberté d’exercice des journalistes au Cameroun et contre l’impunité des responsables des violations et intimidations recensées par plusieurs organisations de la société civile camerounaises.

Demande la libération immédiate et sans condition de tous les citoyens détenus de façon arbitraire et sans jugement dans les prisons camerounaises.

l'asbl Liberal Cebaph est une organisation indépendante, à but non lucratif basée à Bruxelles, ayant des représentations en Afrique et devouée à défendre les droits humains.

Fait à Kinshasa le 23 avril 2010
Pr Fidele Mpasi Mambo, Vice-Président en charge des Relations Internationales

Ampliation :
- Presse nationale et internationale
- Présidence de la république du Cameroun
- Partis politiques camerounais

Email : asblliberal@yahoo.fr
Web :
http://cebaph.blogs.lalibre.be/
© Correspondance : Cellule de Communication de l'asbl Liberal-Cebaph

Cameroun : Le régime a tué un journaliste en prison





Le directeur de publication de l’hebdomadaire Cameroun Express, Bibi Ngota, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à la prison centrale de Yaoundé. Selon des informations parvenues ce jour à la rédaction de Camer.be et diffusées en primeur par la radio Tiémeni Siantou dans son édition du journal parlé de ce jour, Bibi Ngota, est décédé des suites d’hypertension artérielle. Le disparu était en détention préventive depuis bientôt deux mois au pénitencier de Kondengui, où tout soin lui a été refusé en dépit d’un état jugé préoccupant par les siens.

Il avait d’abord arrêté début février dernier par les éléments de la direction générale de la recherche extérieure (DGRE, renseignement) , en même temps que d’autres confrères, sur recommandation du secrétaire général de la présidence de la République (SG/PR), Laurent Esso, qui les accusait de détention d’un document «confidentiel» mais qui serait un faux.

Ledit document dont la rédaction de Camer.be a pu obtenir copie et qui est daté du 20 juin 2008, est une instruction donnée par M. Esso à l’administrateur- directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (Snh), Adolphe Moudiki, de payer une commission globale de 1,342 milliard FCFA à MM. Dooh Collins, Antoine Bikoro Alo’o et Dayas Mounouné, respectivement consultant, directeurs généraux du Chantier naval et du Port autonome de Douala, la métropole économique. Cette somme représente des «frais de commission» dans cadre de l’acquisition d’un bateau-hôtel par la SNH, dont le président du conseil d’administration n’est autre que le SG/PR.

Reporters sans frontières a exprimé le 20 avril dernier sa vive inquiétude concernant l’état de santé de trois directeurs de publications, détenus à la prison de Kondengui, à Yaoundé, et a même demandé leur libération immédiate.
© Camer.be : La rédaction

dimanche 11 avril 2010

Cameroun : Refusons la mise à mort pour des raisons politiques

PETITION contre la mise à mort d'un universitaire au Cameroun


Chers visiteurs de Camerounlibre,

Je suis à l’heure actuelle victime de menaces de mort dans mon pays, le Cameroun, en raison des opinions émises sur ce site dans les commentaires des internautes et mes articles.

Je ne comprends pas l’attitude de ceux qui sont derrière ces menaces, à une époque où la liberté d’expression est consacrée dans la quasi-totalité des Constitutions du monde, dont celle de la République du Cameroun.

J’ai demandé la protection des autorités de mon pays, mais elle tarde à se manifester. Entretemps, je vous prends à témoin de la barbarie orchestrée par des hommes de main du régime en place qui risque de se déployer prochainement sur ma personne.

J’ai initié une pétition que vous pouvez signer afin de manifester votre désapprobation de la violence aveugle et politique au Cameroun. Pour ce faire, cliquez sur l'un des liens suivants :
2) http://www.mesopinions.com/Non-a-la-mise-a-mort-d-un-enseignant-au-Cameroun-petition-petitions-54a43172467077f40ae255e0789a5b90.html

Le destinataire de cette pétition est le Président de la République du Cameroun Monsieur Paul BIYA, garant de la sécurité de toutes les personnes qui résident sur le territoire national. Une Copie sera transmise aux organisations de défense des droits de l’homme.

Les menaces dont je suis l’objet ne m’empêcheront pas de continuer d’animer ce site personnel Camerounlibre et de prendre publiquement position en faveur du respect des libertés et des droits de l’homme au Cameroun.
Ma vie est en menacée dans mon propre pays, et ils finiront sans doute par m’avoir. Mais je suis prêt à payer le prix de la liberté.
Vous pouvez également envoyer directement vos messages de protestation aux adresses ci-dessous :
· M. Paul Biya, Président de la République, Palais de l’Unité, Yaoundé, Fax +237 22 22 08 70 ou 22 23 57 65
· Premier Ministre chef du gouvernement : Fax : +237 22 20 04 71 ou 22 21 43 95
· Président de l’Assemblée nationale Fax : +237 22 23 60 40
· Ministre de l’Enseignement Supérieur: Tel: +237 22 22 67 59 ; Fax: +237 222 97 24
· Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Fax : + 237 22 23 00 05
· Ministre de la Défense, 1000 Yaoundé‚ Cameroun, Fax +237 22 23 59 71
· Secrétaire d’Etat à la Défense, Chargé de la Gendarmerie, Fax +237 22 22 39 98
· Délégué Général à la Sûreté Nationale, Fax +237 22 21 00 69
· Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Fax : + 237 22 22 37 35
· Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés Fax : +237 22 22 60 82, E-mail :
cndhl@iccnet.cm
· Mission permanente de la République du Cameroun auprès de l’Office des Nations Unies à Genève, Suisse, Fax : + 41 22 736 21 65, Email : mission.cameroun@bluewin.ch
· Ambassade de la République du Cameroun en Belgique, Fax : + 32 2 344 57 35. Email : embassy@cameroon.be et ambassade.cameroun@skynet.be
. Consulat Général du Cameroun à Paris Fax : (0033) 01.40.71.54.32Ambassade du Cameroun en Grande Bretagne. 84, Holland Park London w11 3SB; Tel : 00 44 20 77 92 48 25; Fax : 00 44 20 72 29 32 91
. Dr. Jean PING, Union Africaine Fax : 00 251 11 5513036 E-mail:
chairperson@africa-union.org
. Securité et Paix, Union Africaine, Ramtane Lamamra. Fax:(251) 11 551 78 44.
. Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples Fax : 00 220 44 10 504 Email
achpr@achpr.org
. Comission Européenne, Fax: 00 35 22929 42850. E-mail: whoiswho@publications.europa.eu
. Parlement européen, DG 7 («Édition») Fax : 00 35 2 43 55 78 E-mail: idea@europarl.europa.eu
. Cour de Justice Union Europeenne, Service d'information Fax : (352) 4303-2500 E-mail: Carla.Simon@curia.europa.eu
. Amnesty International, Secrétariat Londres: Fax: +44-20-79561157, Email: contact@amnesty.org
. Reporters sans Frontières, Secrétariat Europe/Afrique: Fax.+33 1 45 23 11 51. E-mail : rsf@rsf.org ou afrique@rsf.org
. Comité pour la protection des Journalistes (CPJ)/ New York, Fax: 001(212) 465 9568. Email: info@cpj.org ou mkeita@cpj.org
. Secrétariat de l'IFEX (Échange international de la liberté d'expression) Canada fax : +1 416 515 7879 Email : ifex@ifex.org

Pr. Jean GATSI, Agrégé des facultés de droit, Président National du Mouvement pour Libération des Camerounais (MPLC)